Le HMS Terror, l’un des navires de l’expédition Franklin, a été retrouvé en Arctique

Science

Par Pierre le

Ce n’est pas un sujet très geek, mais nous avions envie de vous en parler, tant l’histoire est passionnante et nimbée de mystères. Le HMS Terror, l’un des deux bateaux de l’expédition Franklin, a été retrouvé dans l’Arctique. Une découverte majeure qui pourrait lever le mystère sur cette expédition qui s’est perdue il y a plus de 150 ans.

terror

L’expédition Franklin, une aventure légendaire

Nous sommes en 1845. L’amiral britannique John Barrow monte une expédition pour découvrir ce qu’on appelait alors le passage du Nord Ouest, c’est à dire contourner le continent américain en passant par le Nord du Canada. Il faut savoir qu’à l’époque, le canal de Panama n’existait pas et il fallait contourner l’Amérique par le sud pour atteindre le Pacifique. Certains pensent alors à contourner le continent par le Nord. Mais personne n’a encore trouvé ce raccourci. En réalité, il n’existait pas à l’époque, la glace barrant le passage.

Barrow ordonne donc au légendaire Sir John Franklin de mener cette expédition, secondé par le capitaine Francis Crozier. Le 19 mai 1845, les deux hommes, aux commandes du HMS Terror et du HMS Erebus avec plus de 130 membres d’équipage, partent d’Angleterre pour rejoindre le passage entre le Canada et le Groenland. D’ailleurs, ils font une escale sur l’île danoise. C’est alors la dernière fois que les deux navires sont aperçus. Ils ne rentreront jamais en Grande Bretagne.

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Un mystère de plus de 150 ans

Dès 1848, des recherches sont entreprises pour retrouver l’équipage. Plusieurs expéditions sont lancées dans cette histoire qui passionne l’Angleterre Victorienne. Au cours des recherches apparaissent plus de questions que de réponses. On découvre ainsi des tombes sur l’île Beechey. Plus au sud, sur l’île du Roi Guillaume, on découvre des notes écrites par Crozier, qui explique avoir pris le commandement après la mort de Franklin, ainsi que des restes humains montrant des signes de cannibalisme. Crozier explique également que les deux navires, pris dans la glace, se montrent inutilisables. Crozier termine en affirmant partir vers le sud avec ses hommes pour tenter de rejoindre la civilisation. Il n’y est jamais arrivé.


Le point le plus au Nord est l’île Beechey, celui le plus au Sud est l’île du Roi Guillaume.

Des recherches finalement payantes

En 2014, un premier navire est découvert sous la glace. Il s’agit de l’Erebus, le navire de Franklin. Mais aujourd’hui, c’est le Terror, le navire de Crozier, qui est repéré par des chercheurs canadiens et britanniques. Une découverte majeure pour l’histoire de la navigation anglaise.

Le Terror filmé par des scientifiques
Le Terror filmé par des scientifiques

Des chercheurs Arctic Research Foundation, naviguant à bord du Martin-Bergmann, ont enfin localisé le navire. Un navire reposant sous la glace à 25 mètres de profondeur. Filmé avec des caméra sous marines, on peut constater que le navire se tient debout, ses écoutilles fermées et ses trois mâts brisés. A part ça, il est préservé dans de parfaites conditions.

Des navires qui ont dérivés avec le temps

La localisation des deux navires s’est avérée délicate. En effet, les navires ont dérivé avec la glace au fil du temps. Les dernières indications de Crozier indiquaient que les navires avaient été abandonnés au nord ouest de l’île du Roi Guillaume. En 2014, l’Erebus avait été retrouvé au sud de l’île, à 170 kilomètres de son point de départ. Le Terror a été retrouvé presque par hasard dans une baie dorénavant nommée Terror Bay, sur la côte sud de l’île, à 100 kilomètres de son lieu d’abandon.

Graphique réalisé par The Gardian
Graphique réalisé par The Gardian

Avec cette découverte, les historiens et autres chercheurs pourront étudier précisément la catastrophe et tenter de résoudre beaucoup de mystères. Même Justin Trudeau, Premier Ministre Canadien, a salué la découverte.

L’expédition Franklin a imprégné la culture populaire britannique et canadienne, mais pas seulement. Dès 1860, Collins réalise une pièce de théâtre à ce sujet. Jules Verne l’évoque dans son livre Les Aventures du capitaine Hatteras. En 2007, l’écrivain américain Dan Simmons tente d’imaginer le drame de l’intérieur dans son excellent roman Terreur.

Terreur de Dan Simmons
Terreur de Dan Simmons
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