[Nature] Cette feuille morte anodine est en fait… Une incroyable araignée

Science

Par Henri le

La nature est parfois cruelle, mais chaque espèce trouve un moyen de se débrouiller pour survivre. Certaines araignées sont expertes en dissimulation, mais cette espèce pourrait bien remporter la palme.

Crédits : Matjaz Kuntner
Crédits : Matjaz Kuntner

Survivre dans le royaume animal n’est pas une mince affaire, surtout lorsque l’on mesure quelques centimètres à peine. C’est d’ailleurs pour cela que de nombreux insectes et araignées sont devenus des petits génies du camouflage. Des scientifiques viennent d’ailleurs de découvrir une « tisseuse » qui utilise une incroyable technique de dissimulation : elle se déguise en feuille morte. Elle a été observée dans une forêt tropicale près de Mengla, en Chine.

Une illustre inconnue

Cette trouvaille a d’ailleurs été répertoriée dans une étude, bien que l’araignée n’ait pas encore été assignée à une espèce en particulier. D’après le Musée national d’histoire naturelle du Smithsonian (à Washington), elle serait membre du genre Poltys, qui appartient à la large famille des Araneidae. Ces dernières sont connues pour leur faciliter à se déguiser même si les insectes sont plus enclins à le faire. C’est notamment le cas des Phasmoptères, bien connu du public pour leur incroyable ressemblance avec des brindilles. De leur côté, certaines mantes religieuses arrivent à se faire passer pour des fleurs afin de ne pas inquiéter leur proie.

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Une technique hors du commun

Si certains arachnides déploient des trésors d’ingéniosité pour survivre (jusqu’à ressembler à des fientes d’oiseaux), aucun d’entre eux n’avait poussé la ressemblance avec un végétal aussi loin. Photographiée pour la première fois en 2011, elle s’est faite particulièrement discrète puisque seul un jeune mâle a depuis été retrouvé. Des feuilles proches de l’araignée étaient d’ailleurs attachées avec de la soie sur les branches, laissant entendre qu’elle les avait placés autour d’elle délibérément.

La femelle observée doit avoir activement soulevé des feuilles mortes du sol de la forêt pour les attacher à une brindille à environ 2,5 mètres de haut sur un arbre avant de se positionner sur un fil de soie au milieu des feuilles vivantes et mortes.

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Une traque qui s’annonce encore longue

Cela reste malgré tout à confirmer, mais prouverait l’incroyable ingéniosité de cette dernière. Il faudra donc essayer d’en trouver d’autres pour mieux les comprendre. Une tâche qui s’annonce particulièrement difficile, selon les chercheurs.

Un obstacle sérieux à cela est la rareté apparente de cet énigmatique Poltys, confiné aux forêts tropicales du sud-ouest de la Chine, de l’Asie du Sud-Est et de l’Asie de l’Est où ses habitudes cryptiques et son mode de vie nocturne évitent non seulement les prédateurs, mais aussi les chercheurs…

Le genre de trouvaille qui nous rappelle que la déforestation fait bien plus de victimes qu’on ne le croit.