Galileo, le GPS européen vient d’être lancé… pour un seul smartphone actuellement

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Par Gaël Weiss le

17 ans. Il aura fallu attendre 17 ans avant que le projet de GPS européen se concrétise enfin. Mais c’est fait, depuis aujourd’hui la constellation de satellites Galileo – associée dans un premier temps aux « vieux » satellites GPS américains – peuvent être exploités par les particuliers, les entreprises et les services public. À condition toutefois de disposer d’appareils compatibles, qui sont quasiment inexistants pour l’instant.

galileo

Le projet de mise en orbite d’une constellation de satellites de géolocalisation capable de concurrencer le GPS américain ne date en effet pas d’hier. L’Europe l’a lancé très exactement en 1999. Un projet qui a connu pas moins de six années de retard et quelques échecs de mise en place : les premiers lancements ont en effet eu lieu 2012 et si en décembre 2016, 15 satellites sont bien fonctionnels, un est hors service pour des problèmes d’antennes et deux autres ne peuvent pas être utilisés pleinement, car placés sur une mauvaise orbite.

L’Europe dispose enfin de ses propres sattelites de géolocalisation

Mais voilà, c’est fait, la Commission européenne vient officiellement d’annoncer que Galileo peut officiellement être exploité par les particuliers, les entreprises et les autorités publiques dès aujourd’hui, le 15 décembre 2016.

« La déclaration de services initiaux de Galileo signifie que les satellites et l’infrastructure au sol Galileo sont désormais opérationnels. Ces signaux seront très précis mais ils ne seront pas disponibles à tout moment. C’est pourquoi, au cours de la phase initiale, les premiers signaux Galileo seront utilisés en combinaison avec d’autres systèmes de navigation par satellite, tels que le GPS. »

Dans un premier temps, Galileo va être associé à la constellation de satellites GPS afin d’être fonctionnel. La quinzaine de premiers satellites déployés n’est pas encore suffisante. Il faudra attendre 2020 et la mise en orbite de quinze satellites supplémentaires pour que le système soit autonome et aussi précis que prévu.

Plus précis et plus sécurisé que le GPS

Car si Galileo est en retard, il est aussi plus précis et plus fiable que les autres systèmes de géolocalisation existants. Sciences et Avenir relaie ainsi les propos de Jean-Yves le Gall, président du CNES (Centre national d’études spatiales), à l’occasion du lancement de Galileo : « Avec le GPS, on peut savoir où est un train en France, avec Galileo, on pourra dire sur quelle voie. De plus le signal sera bien meilleur que celui du GPS notamment pour les lieux encaissés comme les canyons urbains. Nous partons en retard, mais nous courrons plus vite et nous avons d’emblée une longueur d’avance sur nos concurrents ».

Galileo est en effet plus précis – de l’ordre du mètre, voire du centimètre pour les versions professionnelles -, plus précis dans le temps et le signal pourra être authentifié, de façon à éviter un éventuel piratage de voitures autonomes utilisant le signal Galileo.

Un seul smartphone compatible pour l’instant

Reste que ce futur prometteur n’est pour l’instant réservé… qu’à une poignée de particulier en Europe et peut-être à quelques entreprises. Si l’on s’en tient uniquement aux smartphones, par exemple, pour que ces derniers soient capables de recevoir le signal de Galileo, ils doivent disposer d’une puce compatible Galileo GNSS (Galileo Global Navigation Satellite System). Et pour l’instant, le seul smartphone recensé compatible est le très confidentiel Aquaris X5 Plus (de la marque Espagnole BQ), un smartphone de milieu de gamme vendu moins de 300 euros en France.

Mise à jour : Il y a en fait deux smartphones compatibles avec Galileo puisque le Huawei Mate 9 peut également recevoir le signal. L’Europe d’ailleurs mis en ligne un site officiel listant les appareils compatibles avec Galileo. (Merci à Guillaume Ziegler pour la précision)

L'Aquaris X5 Plus
L’Aquaris X5 Plus

Les smartphones haut de gamme actuels comme les Galaxy S7, les Iphone 6 ou 7 ne sont pas compatibles. On ne devrait toutefois pas attendre longtemps avant de voir arriver des premiers smartphones compatibles, puisque Qualcomm – l’un des principaux fournisseurs de puces mobiles de smartphone – annonçait en juin dernier que ses SoC Snapdragon et ses modems pouvaient disposer d’une compatibilité Galileo GNSS. C’est désormais aux constructeurs de smartphones de les intégrer dans leurs téléphones dans les mois à venir. Une compatibilité qu’il faudra surveiller de près dans les fiches techniques des téléphones.

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