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On a redonné sa chance à Berlin sur Netflix… on n’aurait pas dû

Trois ans après ses dernières aventures, Berlin reprend du service sur Netflix. Une nouvelle série qui abandonne la ville de l’amour pour retourner dans son Espagne natale. À Séville, ce spin-off de La Casa de Papel retrouve-t-il ce qui faisait le succès de son aîné ?

Il y a les séries que la rédaction se dispute… et celles dont personne ne veut. On vous laisse deviner dans quelle catégorie s’invite Berlin : La dame à l’hermine, sachez seulement que l’auteure de ces lignes a perdu à la courte paille. C’est donc avec un inébranlable sens du devoir et des connaissances limitées sur la galaxie la Casa de Papel qu’elle a lancé les premiers épisodes de cette production a priori tout à fait indépendante du reste des séries proposées. Car Berlin et La Dame à l’hermine n’est pas une saison 2 de Berlin et les joyaux de Paris mais une nouvelle aventure aux côtés de l’équipe composée d’apprentis braqueurs.

Après le casse de la ville lumière, les personnages se retrouvent en Andalousie pour simuler le vol de la Dame à l’hermine. Simuler ? Engagée par le duc de Malaga, l’équipe de Berlin se met en tête de dépouiller le noble. Un casse aux allures de chef-d’œuvre ? Pas sûr.

Ocean’s 69

Avant d’entamer l’analyse de cette nouvelle production dans l’univers de la Casa de Papel, il nous faut faire un aveu. Si les deux premières saisons, développées pour la chaîne espagnole Antena 3, nous avaient séduites, la troisième nous a découragés de poursuivre aux côtés des braqueurs. La faute à la multitude de masques de Salvador Dali à Halloween cette année-là, l’impression d’une histoire qui s’étire plus que de raison ou simplement la perspective de se plonger dans de nouveaux imaginaires, on ne saurait le dire.

Alors, quand Berlin et la Dame à l’hermine débarque sur Netflix, on a le souvenir lointain d’une histoire de braquage de la Fabrique de monnaie espagnole, de combinaisons rouges et d’une propension à la surenchère. Sans surprise, ce nouveau projet pousse le curseur encore plus loin. Le chef de file n’est pas encore l’homme sadique, colérique et instable qu’il était dans les deux premières saisons de la Casa de Papel, il joue les latin lover dans la ville andalouse.

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© Netflix

Preuve, s’il en fallait une, de l’importance qu’ont les intrigues romantiques pour cette histoire, le premier épisode consiste principalement à rappeler où chaque couple en est. On a l’ancien bourreau des cœurs reconverti en amour transi, sa partenaire vieille fille qui se découvre un désir dévorant pour un autre homme et les amants maudits. À bien des égards, Berlin a plus à voir avec une télénovela qu’un récit de braquage. Une direction assumée, qui trouverait sans doute son public, si elle n’avait pas une fâcheuse tendance à se vautrer dans une multitude de clichés.

Berlin et La Dame à l’hermine ne permet jamais à ses personnages d’être autre chose que des archétypes, empilent les clichés pour forger sa tension sexuelle. La mise en scène joue à ce jeu-là aussi, à force de ralenti et de gros plans et de regards chargés de désir. Mais sa plus grosse erreur est de faire croire que Berlin est un grand romantique, d’adopter son regard quand il aurait fallu le mettre face à ses contradictions.

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© Netflix

Quand il se la joue Edward Cullen et qu’il s’introduit chez la femme qui lui a tapé dans l’œil, le récit en fait la preuve de leur comptabilité. À bien des égards, la série a plus à voir avec un soft porn. On se demande toutes les cinq minutes quand le plombier fera son entrée pour réparer “la méchante fuite”. Mais à force d’errances narratives, c’est l’intérêt du spectateur qui se dilue.

Braquage du siècle pour Netflix ?

Après plusieurs épisodes, où l’idée d’un casse pourtant intéressant n’occupe qu’un tiers de l’intrigue, on en est désormais certain d’une chose. Berlin et la Dame à l’hermine raconte bien l’histoire d’un braquage. Le plus gros hold-up de la franchise reste peut-être de nous faire croire qu’elle a encore quelque chose à raconter. Ajoutez à cela les lourds appels du pied à la série mère et la promesse de faire revenir d’autres personnages et vous tenez un pur produit marketing à la subtilité proche de zéro.

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© Netflix

Maintenant, comme toutes les histoires d’amour qui durent plus que de raison, on se dit que l’heure de la rupture est arrivée. Netflix n’a pas l’air de cette idée, puisque la plateforme tease déjà une série consacrée à la jeunesse du Professeur. La Casa de Papel continue d’être l’une des séries non anglophones les plus vues de son histoire, le N rouge aurait tort de s’en priver. Le casse parfait ? En tout cas, on a encore l’impression de s’être fait rouler.

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