Jean-Luc Mélenchon tient le jeu vidéo en haute estime et le dit haut et fort

Jeux-Video

Par Kocobe le

Les hommes et les femmes politiques nous ont plus habitués au champ lexical du danger et de l’addiction quand il s’agissait de parler de jeux vidéo. Néanmoins, dans une interview donnée hier à Europe 1, Jean-Luc Mélenchon a tenu un vif plaidoyer pour défendre ce loisir qu’il considère comme « structurant ».

On savait que Melenchon n’était pas insensible au sujet du jeu vidéo. Il ne s’était d’ailleurs pas gêné pour exprimer son mécontentement envers Assassin’s Creed Unity, en 2014, qu’il considérait comme une « propagande contre le peuple » voire une « une relecture de l’histoire en faveur des perdants et pour discréditer la République une et indivisible ». Hier, il a encore démontré son intérêt pour le médium, mais dans des termes bien plus positifs. Le candidat de La France insoumise a ainsi décrit le jeu vidéo comme un « magique instrument de formation et de culture » et s’est porté en faux par rapport à ses détracteurs, notamment au sein même de la classe politique, qui pourrait considérer ce loisir comme puéril.

« Ce n’est pas un comportement puéril le comportement du jeu, le jeu c’est structurant de l’imagination humaine. On commence tous par jouer pour se construire en tant que personne. Tout ça fait un peu sérieux, mais c’est juste pour clouer le bec à ceux qui ont du mépris pour le jeu. On croirait que jouer, c’est perdre son temps. Eh bien pas du tout. […] Jouer avec des jeux vidéo c’est gagner du temps parce qu’on peut s’enrichir humainement. »

Chose amusante, il a également précisé sa pensée sur Assassin’s Creed Unity, en reconnaissant que s’il n’était pas d’accord avec le propos du jeu, « il est d’une splendeur, il est d’un aboutissement technique absolument magique ».

[Le passage en question est à 6 minutes.]

En faveur d’un CNC du jeu vidéo

Le candidat rappelle également que la moyenne d’âge des « praticiens » – comme il les appelle lui-même – du jeu vidéo est de 35 ans (statistique du SELL datant de 2015) et a évoqué sa visite à l’ENJMIN d’Angoulême qu’il a effectuée en janvier dernier. Il réaffirme également sa volonté de faire de la filière jeu vidéo en France un secteur d’avant garde, grâce à la création d’un Centre National du Jeu vidéo comme il existe un Centre National du Cinéma ou d’un système d’aides plus abouti éventuellement basé sur des taxes sur les produits, entre autres propositions.

Le jeu vidéo ne représente évidemment pas la pierre angulaire des programmes des différents candidats à l’élection présidentielle. Toutefois, on sent tout de même que ce sujet infuse de plus en plus la sphère politique française. En mai dernier, Axelle Lemaire, alors Secrétaire d’État chargée au Numérique, avait par exemple défendu une loi visant à mieux encadrer les tournois d’e-sports, notamment en arrêtant de les considérer comme des loteries, mais plutôt comme des compétitions de sports traditionnelles.

> Source Europe 1