[Carnet de bord] J’ai passé une journée dans les halls moites de la Japan Expo (et c’était bien)

Evénement

Par Perrine.s le

Pas du tout effrayée par la horde de gens costumés et le bruit assourdissant, j’ai décidé de m’aventurer toute une journée à la Japan Expo (qui se tient du 6 au 9 juillet au Parc des expositions de Villepinte). Voici le récit de mes péripéties.

C’est par une tempête matinale que s’est ouverte la 18e édition de la Japan Expo. Les visiteurs arrivés tôt sur place (votre serviteur compris) sont accueillis par un ciel déchaîné qui n’a pas hésité à doucher les malheureux. Pour autant, la motivation des curieux n’a pas faibli face aux éléments. Une fois les contrôles de sécurité et les portes du hall franchis, c’est un univers haut en couleurs qui cherche à exciter les cœurs. Munie d’une carte pour pouvoir me repérer, je pars avec impatience à l’assaut des lieux.

Les stands les plus proches de l’entrée sont destinés aux lecteurs. Des montagnes de mangas sont érigées partout et en offrent pour tous les goûts : des classiques internationaux tels que L’Attaque des titans, Full Metal Alchimiste à des œuvres plus décalées comme Street Fighting Cat. Les aficionados ont largement de quoi être conquis, comme Chrystie et Mariflore, deux jeunes brunettes enthousiastes, proches de la vingtaine, qui me transmettent leur joie : « Nous n’avons pas encore vu tous les stands, mais nous sommes très heureuses car nous avons déjà repéré pas mal de choses. Ce qui est génial à la Japan Expo, c’est de pouvoir trouver des mangas qui ne sont pas en vente en librairie et de rencontrer les auteurs pour les faire dédicacer ».

Envie de prendre la pose sur le Trône de fer ?

Toujours en train de déambuler parmi les mangas, je me retrouve subitement nez à nez devant une réplique du Trône de fer. Pourtant pas de Daenerys ni de Jon à l’horizon, bien que je croiserai plus tard des sosies terriblement réussis de Varys, Mélisandre et de Cersei dans ses vêtements ténébreux de la saison 6. Sur ce trône là, ce sont des fans bouillonnants qui prennent fièrement et à tour de rôle la pose.

Attirée par les sons mêlés de musiques énergiques et les hurlements d’animateurs, je délaisse l’univers des mangas pour entrer dans l’antre des jeux vidéo. Ici, l’atmosphère est chargée d’électricité. Les mises en scène imaginées pour les tournois sont inspirées et les joueurs donnent tout pendant leur partie de Splatoon 2.

La scène de Splatoon 2

Certains stands sont gigantesques, des gens se massent dans la queue pour essayer les dernières nouveautés avant leur sortie. Je continue mon périple et un peu plus loin, je reconnais 24K Magic de Bruno Mars. J’atterris alors devant le stand Just dance 2018. Là, une groupe de danseurs couvert de sueur se déchaîne au rythme de la musique sous les yeux d’un énorme Lapin crétin aux airs de Donkey Kong, sur lequel est perché un autre avec les traits de Mario. En s’enfonçant toujours plus dans le hall, j’arrive à l’espace dédié aux arts martiaux. J’observe des novices de toute taille et de tout âge s’initier à l’aïkido et leurs voisins au kendo. Les élèves suivent avec attention les explications de leur maître et s’amusent à reproduire les mouvements exécutés. Je tourne la tête et repère juste à côté un autre espace au goût nostalgie. Là ce sont sur des vieilles consoles que les joueurs s’affrontent avec le plus grand sérieux. PlayStation 1, 2, Gamecube, Nintendo 64, tous peuvent revivre le bonheur sur les précédentes versions de Mario Kart, Crash Bandicoot ou Tekken.

Le Rabbid Kong en face du stand Just Dance

Je m’éloigne un peu pour plonger dans les allées dédiées aux goodies. Après les armes en plastiques, les chaussons licornes et les boucles d’oreille en forme de Kirby, je tombe sur l’espace conférence d’Animé 100. Takuya Wada, un animateur japonais reconnu, est en train de parler de son art avec le public. Tout en répondant aux questions, il griffe avec décontraction le portrait de Lupin III. Fin de la conférence. Plus loin, je passe à côté d’un stand de fruits séchés où un vendeur me tend un morceau de pêche. Le bout de fruit est exquis et m’ouvre l’appétit. La chasse à la nourriture vient de débuter.

L’animateur Takuya Wada en train de griffonner Lupin III

Je remonte alors le tapis vert pour retourner dans le hall 5. Une odeur succulente met mon nez en alerte, c’est celle du pop corn. Mon odorat prend les commandes et me conduit devant le stand Dragon Ball où une machine à popcorn est installée sur le côté. En m’approchant de l’appareil, j’observe avec surprise que le maïs soufflé est de couleur bleue.

Le fameux popcorn

Pas convaincue, je décide de reprendre ma quête de nourriture et franchis cette fois l’espace « Japon & tradition ». S’alternent ici photos de paysages nippons, kimonos ou encore atelier de calligraphie, le tout rythmé par des musiques traditionnelles. Le charme opère sur les visiteurs, comme Alexandra et Gilles, un couple de trentenaires, venu pour la première fois : « Nous avons beaucoup aimé les stands de nourriture et de vêtements traditionnels. C’est vraiment intéressant de découvrir cette culture ». Après avoir scruté quelques stands de restauration et comparé leur file d’attente, je me laisse finalement séduire par des gyoza, les raviolis japonais, et des onigiri, ces boulettes de riz enveloppées d’une algue. La chaleur me fait hésiter entre une sage bouteille d’eau ou la dernière boisson à la mode le bubble tea (d’origine taiwanaise).

Des reproductions en papier

La panse remplie, je me dirige vers les parties encore inexplorées de ce hall. Je suis le tapis grisâtre et plonge dans l’aire du cosplay. Inutile de préciser que c’est l’endroit le plus adéquat de la Japan Expo pour y croiser les déguisements les plus impressionnants. Entre les stands de matières premières et ceux des répliques de costumes, se trouvent des décors en libre accès où les visiteurs peuvent se prendre en photo et des scènes pour les cosplayers qui veulent présenter leur travail aux spectateurs. Je pourrais rester des heures à observer les gens déguisés en Morgana, Eren Jäger, Tracer ou encore Totoro, mais il me faut continuer. Un peu plus loin, d’autres stands attendent le public. Tatouage, plantes, bijoux, sacs et autres souvenirs, tout est bon pour célébrer la culture japonaise et rapporter un petit quelque chose chez soi.

Il devait faire chaud pour Totoro

Direction enfin vers l’exposition Animé 100. Derrière ses draps noirs, c’est un petit voyage dans le temps et le monde de l’animation japonaise que les curieux traversent. Entre fiches explicatives des animés et quelques un des plus grands succès, les organisateur ont installé des décors afin que les visiteurs puissent poser avec des personnages emblématiques comme Goldorak à l’entrée. Des vitrines avec des figurines viennent également illustrer différents recoins qui rendent hommage à cet art.

Décor de l’exposition Animé 100

Il est pratiquement 18 heures quand je décide d’abandonner les lieux et d’imiter la foule qui se dirige paisiblement vers la sortie. Les traits des visages sont tirés mais c’est avec le sourire aux lèvres, le sac rempli de goodies et la valise pour leur cosplay à la main que les aventuriers de la Japan Expo délaissent leur temple.

Dehors sous la chaleur pesante, des gens sont étendus sur les petits carrés d’herbe. Cosplayers et autres visiteurs se reposent avant de repartir chez eux. Ils ont bien raison, car la masse de personnes qui s’avance vers le RER laisse présager un retour compliqué. Le quai pour les trains vers Paris est noir de monde, j’observe les courageux qui se collent tant bien que mal dans le wagon, quand une idée me vient. Je vais prendre le RER en direction de l’aéroport, pour grimper là-bas dans un train pour Paris. Je ne serai d’ailleurs pas la seule à y penser, puisqu’une fois installée à Roissy, j’aperçois des cosplayers qui se mettent à l’aise dans le wagon. Tranquillement assise, je retourne vers la capitale sans être collée aux nombreux voyageurs qui sont montés après moi. Cette première journée à la Japan Expo s’achève avec des souvenirs remplis d’images et d’odeurs et une seule envie, celle d’y retourner.