
Imaginez que le département du Gard, ou des Vosges se détache de la France pour aller voguer en mer. Inquiétant non ? C’est exactement ce qui s’est passé en Antarctique, à l’autre pole de la terre donc, suffisamment loin pour ne pas intéresser grand monde.
Ce matin les gens de ma TL sont plus inquiets de la fermeture de Colette que des 5800km2 d’Iceberg qui se sont séparés de l’Antarctique. pic.twitter.com/UMUpxcBEoH
— Allan de Beauvoir (@allan_fierce) 12 juillet 2017
Depuis le début de l’année, les scientifiques observent cette scission inéluctable au nord-ouest de l’Antarctique, sur la plateforme C de la barrière de Larsen. En janvier, une faille de 200 kilomètres de long s’était formée, le 6 juillet, le bloc flottait déjà, seulement retenu par 4,5 kilomètres de glace, il ne devrait donc pas avoir d’impact immédiat sur la montée des eaux.
Un événement naturel
Pourtant, les conséquences de ce détachement inquiètent et divisent la communauté scientifique : « Au cours des mois et années qui suivent, la plateforme de glace pourrait soit progressivement se reconstruire, soit souffrir de nouveau de détachements pouvant conduire à un effondrement », explique Adrian Luckman du projet MIDAS.
Les scientifiques observent Larsen C depuis l’effondrement de Larsen B en 2002, induit par la désintégration de Larsen A en 1995. Le rôle de cette barrière est primordial pour retenir d’autres glaciers qui s’ils se détachent ou s’effondrent pourraient, eux, engendrer une montée des eaux modérée.
Le Dr Martin O’Leary, glaciologue à l’Université de Swansea et membre du projet MIDAS, précise toutefois qu’il s’agit d’un « événement naturel » qui n’a « aucun lien avec le changement climatique provoqué par l’homme », mais cela contribue néanmoins à rendre la barrière plus instable et vulnérable.