Le CNRS, le CRESITT et OTIS mettent au point un prototype d’ascenseur à hydrogène

Science

Par Gregori Pujol le

Un ascenseur autonome, alimenté par le soleil et l’eau : après deux ans de recherches, le prototype a été présenté il y a quelques jours, dans les locaux du centre de recherches de l’usine Otis de Gien. Il s’agit d’une première mondiale et le fruit de deux années de travail, en collaboration avec le CNRS (centre national de la recherche scientifique), le GREMI (groupe de recherches sur l’énergétique des milieux ionisés) et le CRESITT (centre régional en électronique et systèmes pour l’innovation par les transferts de technologie dans l’industrie).

Un travail en commun depuis plusieurs années

Depuis 2016, le GREMI et le CRESITT, en partenariat avec la société OTIS ont conçu et développé un dispositif couplant une pile à combustible à la production et au stockage d’hydrogène pour alimenter un ascenseur. Un prototype à l’échelle 1 a donc été dimensionné à destination d’un ascenseur avec une autonomie d’une journée entière de fonctionnement. Cette technologie a été développée en vue de concevoir un ascenseur hybride et autonome pouvant être déconnecté de l’alimentation du réseau et le plus écologique possible.

Le Groupe de recherches sur l’énergétique des milieux ionisés (GREMI – CNRS/Université d’Orléans) travaille depuis plusieurs années sur le développement de la pile à combustible, système de production d’énergie propre. Depuis 2012, il coordonne le projet SAPAC : Système autonome à pile à combustible et photovoltaïque. Celui-ci permet la continuité d’alimentation d’un système : l’énergie disponible, en provenance du réseau électrique ou bien d’énergies renouvelables, est stockée sous forme d’hydrogène pour être restituée via la pile à combustible lorsque la source d’énergie devient insuffisante.

Les avantages d’un tel dispositif

Le système est complètement modulaire : il est conçu sur mesure et s’adapte parfaitement au besoin en termes de puissance maximale, autonomie, source d’énergie… L’augmentation de l’autonomie n’a aucun impact sur la partie électronique (ajout d’une bouteille d’hydrogène). Une interface de gestion choisit automatiquement la source de courant à utiliser : le réseau électrique ou bien la pile à combustible. Le prototype réalisé permet un stockage de 5 kWh électrique pour 100kg alors que l’équivalent en batteries au plomb est deux fois plus volumineux et plus lourd (300 kg). Le dispositif est propre : il n’utilise pas de substances dangereuses comme le plomb ou le cadmium.