L’héritier de l’empire Samsung condamné à 5 ans de prison pour corruption

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Par Elodie le

Au terme d’un procès retentissant, Lee Jae-Yong, héritier de Samsung, dirigeant de l’une des principales filiales du conglomérat (ou chaebol) sud-coréen, a été condamné à 5 ans de prison pour parjure, corruption et détournement de fonds.

L’affaire a secoué la Corée du Sud et conduit à la destitution de la présidente Park Geun-hye : arrêté en février dernier pour avoir approuvé le versement de 36 millions de dollars à Choi Soon-sil, amie et confidente de l’ombre de la présidente, en contrepartie de faveurs du gouvernement, Lee Jae-Yong a finalement été reconnu coupable des chefs d’accusations qui pesaient sur lui. La justice estime qu’il a versé pas moins de 6,6 millions d’euros.

En cause, un projet de fusion potentiellement litigieux entre deux entités du groupe (Cheil Industries et C&T) en 2015, mais soutenu par la Caisse nationale des retraites, gros actionnaire de Samsung, sous tutelle du ministère des Affaires sociales. Mais il est surtout question de l’adoubement du fils par le pouvoir en place à l’époque, dirigeant de fait de la firme après le retrait du père à la suite d’une crise cardiaque survenue en 2014. En effet, cette fusion contestée par les actionnaires aurait été délibérément sous-évaluée conférant ainsi à Lee Jae-Yong une trop grande influence sur la nouvelle entité.

Parjure, corruption et abus de bien sociaux

Pour la défense, Samsung s’est simplement plié aux desiderata de la présidente et de sa conseillère favorite. Dans le même temps, quatre autres cadres dirigeants ont également été condamnés à des peines allant jusqu’à 4 ans de prison.

Quel avenir pour Samsung avec son dirigeant derrière les barreaux ? Samsung est le premier conglomérat du pays, son chiffre d’affaires représente 20 % du PIB national. La compagnie va devoir poursuivre ses activités sans commandement et ce pendant plusieurs mois semble-t-il. Mais pour certains experts, les dirigeants passent, mais les entreprises perdurent. Toutefois, le processus décisionnel, généralement patriarcal dans ce type de chaebol, pourrait être ralenti.