L’homme qui peut déclencher la 3e guerre mondiale avec un tweet ne sera jamais banni de Twitter

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Par Pierre le

Depuis plusieurs semaines, ça chauffe entre la Corée du Nord et les États-Unis. Mais aujourd’hui, le pays de Kim Jong Un indique que l’Amérique lui a déclaré la guerre, et ce via un simple tweet de Donald Trump.

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La guerre de Twitter

Ri Yong Ho, le ministre nord-coréen des affaires étrangères, a déclaré lors d’une conférence de presse à New York, que le président Trump avait déclaré la guerre à son pays via un tweet. Ainsi, la Corée du Nord se sent maintenant dans le droit de répliquer.

La charte des Nations Unies indique que les états individuels ont le droit de se défendre. Depuis que les États-Unis nous ont déclaré la guerre (via ce tweet), nous avons tous les droits de prendre des contre-mesures, comme abattre les avions américains même s’ils ne sont pas encore dans notre espace aérien.

Ce qui a échaudé le ministère, c’est bien ce tweet de Trump, publié dimanche matin :

Je viens d’apprendre que le ministre nord coréen des affaires étrangères parle à l’ONU. S’il s’avère que c’est un mini Rocket Man (ndldr : surnom donné par Trump à Kim Jong Un), ils ne seront plus là pour longtemps !

Un tweet hors charte

Le fait est que ce tweet est hors charte (violation des conditions d’utilisation) sur Twitter. Le président américain a pour habitude de franchir la ligne jaune et de nombreux utilisateurs l’ont déjà signalé, mais le réseau n’a jamais rien fait. Mais lorsqu’un tweet hors charte peut potentiellement devenir la cause d’une guerre thermonucléaire, Twitter est obligé de monter au créneau.

Le message du président Trump enfreint en effet deux règles de la charte de Twitter :

* Menaces violentes (directes ou indirectes) : vous ne devez pas proférer de menaces ni inciter quiconque à la violence. Cette interdiction couvre entre autres les menaces terroristes et l’apologie du terrorisme.

* Conduite haineuse : vous ne devez pas directement attaquer ni menacer d’autres personnes, ni inciter à la violence envers elles sur la base des critères suivants : race, origine ethnique, nationalité, orientation sexuelle, sexe, identité sexuelle, appartenance religieuse, âge, handicap ou maladie. Par ailleurs, nous n’autorisons pas les comptes dont le but principal est d’inciter à faire du mal aux autres sur la base de ces catégories.

Pourquoi alors ne pas supprimer ledit tweet s’il est hors charte ? Le président des États-Unis est-il un cas particulier ? Oui, selon Twitter, qui explique son choix dans un thread (« déroulé »). Le réseau explique que Donald Trump est un utilisateur comme un autre et que les règles s’appliquent aussi pour lui, MAIS…

Il y a bien sûr un mais, et ce mais est son statut de président des États-Unis. En effet, même si Donald Trump enfreint toutes les règles possibles et imaginables du réseau social, aucun de ses tweets ne sera supprimé et son compte restera actif tant qu’il le décidera. En effet, Twitter indique que ses tweets sont « newsworthiness« , c’est à dire d’utilité publique en termes d’information.

Pour tuer toute polémique, le réseau indique que ses règles d’utilisation seront mises à jour prochainement pour s’adapter aux cas comme celui-ci. Implicitement, Twitter indique donc que Trump pourra continuer à tweeter, voire à menacer qui il veut en toute impunité.