WhatsApp bientôt totalement bloqué en Chine ?

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Par Elodie le

L’Empire du Milieu avait déjà partiellement bloqué l’application de messagerie cet été. Il semble être parvenu à censurer totalement WhatsApp sur son territoire à quelques semaines du Congrès du Parti communiste chinois.

Le 18 octobre prochain se tiendra la Congrès du parti au cours duquel l’équipe dirigeante du parti communiste est renouvelée dans sa quasi-intégralité. Une période pendant laquelle la censure atteint des sommets et où la moindre parole est surveillée. Hasard ou non, des utilisateurs chinois de WhatsApp ont constaté des perturbations sur l’application.

En juillet déjà, il n’était plus possible d’envoyer des images depuis la plateforme, mais les messages texte fonctionnaient toujours. Mardi matin, certains étaient dans l’impossibilité d’envoyer un message (texte, photo, vocal ou vidéo) quand d’autres pouvaient envoyer des messages texte et passer des appels téléphoniques et vidéo, mais pas de messages vocaux ou de photos.

Une censure toujours plus forte

La Chine a une longue tradition de censure, notamment en amont d’événements importants. WhatsApp, de par sa technologie de chiffrement de bout en bout, empêchait tout censeur de consulter le contenu des messages échangés et donc de les censurer. WhatsApp passait ainsi entre les mailles du filet du grand Firewall chinois, l’outil de censure du régime. Depuis, il semble que les ingénieurs du Parti ont trouvé la parade pour bloquer tout contenu.

WhatsApp est le dernier service de Facebook à être accessible en Chine : Facebook est bloqué dans le pays depuis 2009, et Instagram depuis 2014. D’autres outils de communications nationaux existent, mais ils respectent scrupuleusement les desiderata du pouvoir en matière de censure. WeChat délivre notamment les données personnelles de ses utilisateurs au gouvernement chinois.

Les géants chinois également concernés

Récemment encore, les trois géants du web chinois – Tencent, Baidu et Weibo – ont été condamnés à la « peine maximale » pour ne pas avoir supprimé du contenu considéré comme des fake news par les autorités, de la pornographie et des contenus « incitant à des tensions éthiques » et « menaçant l’ordre social ».

Pour Facebook, qui tente déjà de remettre le pied en Chine depuis de longs mois, c’est un nouveau coup dur qui prive son service d’un marché potentiel de plusieurs milliards d’utilisateurs. Et il y a fort à parier que la censure de l’application n’en est qu’à son commencement avant le 18 octobre.