[Chronologie] Le film d’animation en 6 dates majeures

Cinéma

Par Elodie le

L’histoire du film d’animation est déjà bien longue et dessine ses prémices au début des années 1900. Du premier dessin animé sur support argentique, long de trois minutes, en 1906, aux poids lourds d’aujourd’hui avec Toy Story, Moi, Moche et Méchant ou en passant par ceux, plus poétiques, de Hayao Miyazaki, le cinéma d’animation a eu mille histoires à nous raconter, avec des techniques aussi variées que les époques qu’il a traversées.
La rédaction du Journal du Geek vous propose de marquer une pause sur 6 dates qui ont marqué l’histoire du film d’animation. Et par film, nous entendons les longs-métrages.

1917

Le tout premier long métrage d’animation de l’histoire du cinéma voit le jour en Argentine sous la patte de Quirino Cristiani, réalisateur, scénariste et animateur.

El Apóstol est une satire politique de 70 minutes dans laquelle le président argentin Hipólito Yrigoyen cherche à débarrasser Buenos Aires de l’immoralité et de la corruption à l’aide des foudres de Jupiter. La ville finissant ravagée par les flammes. C’est un film muet, en noir et blanc, réalisé grâce à des marionnettes de papier découpé.

Si le film connut un certain succès, il n’en resterait aucune copie : toutes ont été détruites en 1926, lors d’un incendie dans les coffres du producteur Federico Valle. Triste ironie. C’est à cette même date que le Japonais Ōten Shimokawa crée le premier anime japonais professionnel d’une durée de 5 minutes : Histoire du concierge Mukuzo Imokawa. Sans doute le premier court-métrage d’animation, si ce n’est celui du français Émile Reynaud, Pauvre Pierrot, paru en 1892.

Le premier Disney n’apparaît quant à lui qu’en 1937 avec Blanche Neige et les Sept Nains. Avant cela, Walt Disney et son frère ont réalisé plusieurs courts-métrages avec leur studio d’animation Disney Brothers Studios.

Mickey Mouse fait son entrée en 1928 en digne successeur d’Oswald le lapin chanceux, dont les droits ont été perdus par Walt Disney peu de temps auparavant.

1937

Walt Disney dévoile le premier long métrage d’animation en Technicolor (et parlant) avec Blanche-Neige et les 7 Nains. Le Technicolor est une série de procédés de films en couleurs lancée par la Technicolor Motion Picture Corporation.

Le premier film en Technicolor aurait dû être Les Voyages de Gulliver produit par le Studio Fleischer, du nom des frères qui ont développé le « Studio System » aux États-Unis pour la production de dessins animés pour l’armée américaine (dans le cadre de formations militaires notamment).

Cependant, le film ne sort qu’en 1939, Walt Disney ayant préempté les droits d’exploitation du Technicolor pour cinq ans. Son premier film en couleurs sera donc Blanche-Neige. Les Fleischer n’auront d’autre choix que d’utiliser une autre technologie, le Stereo Color, un procédé moins précis où les rouges tirent vers le carmin.

Mais l’emballement autour de cette nouvelle technologie incite les studios concurrents à faire pression pour voir le monde en Technicolor : l’accord d’exclusivité conclu entre Walt Disney et Herbert Kalmus, fondateur de la Technicolor Motion Picture Corporation, est ramené à un an.

1989

La Petite Sirène est le premier film d’animation à être un véritable succès au box-office mondial, en dépassant les 200 millions de dollars de recettes. Suivront La Belle et la Bête en 1991 et Aladdin en 1992.

En France, les films d’animation semblent remporter un franc succès. À ce jour, Blanche-Neige et les 7 Nains reste le dessin animé le plus populaire en France, avec 18 319 651 entrées. En 1940 déjà, Pinocchio des studios Disney réalisait près de 8 millions d’entrées, soit mieux que La Vérité si je mens 2, Sixième Sens, Le Cinquième Élément, Star Wars, Episode III : Le Revanche des Sith ou encore Le Seigneurs des Anneaux : Les Deux Tours.

La Petite Sirène vous parait loin ? Imaginez qu’un an auparavant, le film Qui Veut la Peau de Roger Rabbit ? déboulait sur les écrans avec sa ribambelle de Toons débarqués de Toonville. Un film mêlant prises réelles et animations (la post-prod a duré 14 mois), avec en son moteur, la confrontation du privé de bar, Eddie Valliant, et du lapin le plus exaspérant et drôle de sa génération, Roger Rabbit. C’était aussi une prouesse technique puisque l’ovni réunissait les personnages de Disney et Warner, notamment les figures stars de chaque firme, Mickey et Buggs Bunny.

Si le film voyait s’affronter des acteurs avec un fond vert, le fils de Bob Hoskins bouda pendant deux semaines car son père avait tourné avec ses personnages préférés sans lui présenter. Le film fut un triomphe et remporta trois Oscars l’année suivante : meilleur montage, meilleur montage sonore et meilleurs effets visuels. Un oscar a été décerné à Richard Williams, maître de l’animation, pour sa contribution spéciale.

1995

Avec Toy Story, le cinéma d’animation entre dans une nouvelle dimension, « Vers l’infini et au-delà ! » : c’est le tout premier film d’animation entièrement réalisé en images de synthèse.


Si le procédé est connu depuis une dizaine d’années et vient compléter certaines séquences en animation traditionnelle, c’est-à-dire réalisée avec des dessins, image par image, et non sur ordinateur (3D), c’est la toute première fois que l’image de synthèse est reine. Les studios Disney et Pixar ne s’y sont pas trompés puisque le film est un succès considérable et rebat les cartes du monde de l’animation. Il a généré 362 millions de dollars de recettes à travers le monde.

Aujourd’hui encore, Toy Story jouit d’une aura quasi mystique, aussi bien auprès des fans que des critiques. Les suites ont réussi le tour de force de faire mieux que la mouture originale. Toy Story 3 sorti en 2010 est le 21e plus gros succès du box-office mondial avec plus d’un milliard de dollars de recettes, mais surtout le 3e film d’animation le plus lucratif de l’histoire derrière Les Minions et La Reine des Neiges.

Toy Story 4 est attendu pour le 26 juin 2019 en France.

2002

L’année où l’Academy of Motion Picture Arts & Sciences (AMPAS) a décerné l‘Oscar du meilleur film d’animation pour la première fois. Les membres de l’académie souhaitaient réparer une injustice avec la non-sélection de Chicken Run pour l’Oscar du meilleur film l’année précédente.

Il faut un minimum de 8 films d’animation sortis l’année précédente pour voir l’académie remettre ce prix. Cinq films sont nommés si plus de 15 films sont éligibles, sinon seuls trois films peuvent prétendre à la statuette.

Le premier oscar du meilleur film d’animation a été remis à Shrek d’Andrew Adamson et Vicky Jenson (les autres nommés étaient Jimmy Neutron : un garçon génial et Monstres et Cie).

Avant la création de cette catégorie, les films d’animation concourraient avec les autres films pour tenter de décrocher l’oscar du meilleur film. Seulement trois films ont eu l’honneur de figurer dans cette catégorie reine, La Belle et la Bête en 1992, Là-Haut en 2011 et enfin Toy Story 3 en 2011.

En France, ce n’est qu’en 2011 que l’Académie des arts et techniques du cinéma a décerné le César du meilleur film d’animation. Ce César récompensait à la fois les courts et les longs-métrages d’animation, jusqu’à l’introduction d’un César du meilleur court métrage d’animation en 2014. C’est L’illusionniste, de Sylvain Chomet, qui remporta le tout premier César du meilleur film d’animation.

2013

La Reine des Neiges bat des records et devient le film d’animation le plus rentable de l’histoire du cinéma avec plus d’un milliard de recettes mondiales (9e film le plus rentables de tous les temps).

Sa chanson titre, Libérée, Délivrée (Let it go en VO) achèvera de créer une armée de zombies, enfin presque.