L’ISS sera-t-elle un jour gérée par des sociétés privées et non des gouvernements ?

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Par Mathieu le

La Station Spatiale Internationale, ou ISS, va fêter ses 20 ans d’existence à la fin de l’année. Occupée, en permanence, par un équipage international composé d’Américains, de Japonais, de Canadiens ou d’Européens, elle a notamment vu récemment Thomas Pesquet s’y rendre afin d’effectuer diverses missions pour le CNES ou la NASA. Pourtant, bien qu’elle soit toujours en construction (le laboratoire russe Nauka est notamment attendu dans les prochains mois), l’ISS voit déjà certains de ses pays constructeurs se poser la question de son devenir.

L’ISS

Une succession à prendre en compte

C’est notamment le cas des États-Unis qui sait pertinemment qu’un jour ou l’autre il faudra prévoir un désorbitage contrôlé de la station spatiale pilotée et gérée en grande partie par la NASA. Et la réflexion actuelle à la Maison-Blanche, c’est d’accorder, à l’avenir, la gestion de l’ISS par des sociétés extérieures privées. Selon le Washington Post, l’administration de Donald Trump demanderait environ 150 millions de dollars pour « permettre le développement et la maturation d’entités et de capacités commerciales qui assureront que les successeurs privés qui prendront le relais de l’ISS – y compris éventuellement des éléments de l’ISS – seront prêts lorsqu’il sera nécessaire de faire appel à eux ».

Ce n’est pas vraiment une surprise puisqu’en 2015 déjà, William Gerstenmaie, administrateur adjoint responsable du programme d’exploration spatiale habitée alors en poste pour Barack Obama expliquait qu’il était nécessaire de se concentrer sur d’autres programmes. Le but, vous l’aurez compris, c’est de faciliter la mutation de la gestion de l’ISS qui pourrait être confiée, dans le futur, à des sociétés et entreprises comme c’est déjà le cas pour SpaceX ou Bigalow Aerospace (la première est en charge du ravitaillement et la seconde y a même greffé son propre module).

« La décision de mettre fin au soutien fédéral direct pour l’ISS en 2025 ne signifie pas que la plate-forme elle-même sera désorbitée à ce moment-là — il est possible que l’industrie puisse continuer à exploiter certains éléments ou certaines capacités de l’ISS dans le cadre d’une future plate-forme commerciale » explique un document interne de la NASA.

Donald Trump

Encore du chemin à faire

Les États-Unis ne pourront néanmoins pas décider seuls de confier la gestion de la station spatiale à des sociétés. Dans le cadre d’un accord juridique signé en 1998 par l’ensemble des partis, il est stipulé qu’aucune nation ne peut prendre de décision unilatérale. Néanmoins, si Donald Trump décidait de quitter l’ISS il en aurait le droit, car l’accord permet aux membres de se retirer. Pour faire évoluer la gestion de la station spatiale par contre, il faut trouver un consensus entre l’ensemble des membres actuels.

Mais à court et même moyen terme, l’idée de permettre aux entreprises de rejoindre le programme parait peu probable. Pour rappel, l’ISS bénéficie déjà de deux prolongations de son contrat de fonctionnement pour aller jusqu’en 2024, au minimum. D’ici là, il est tout à fait possible que de nouvelles missions, par les États-Unis, soient mises en place avec l’accord de la NASA. Il va donc falloir encore être patient.