Toys’R Us liquidé aux États-Unis

Business

Par Olivier le

Toys’R Us, la fameuse enseigne de distribution de jouets, va mettre la clé sous la porte : ce sont 735 magasins aux États-Unis qui vont être liquidés, quant à la filiale française, elle est en discussion avec des repreneurs potentiels.

L’enseigne bien connue est la dernière « victime » en date du commerce en ligne, pas aidée il est vrai par la gestion financière d’une direction qui n’a pas su résorber une dette immense : l’équivalent de 4,2 milliards d’euros, une ardoise due au rachat de l’entreprise par trois fonds d’investissement qui visaient surtout le profit à court terme. Mais c’est surtout l’activité en elle-même qui a souffert de la concurrence d’internet.

Toys’R Us paie sa mauvaise adaptation aux nouvelles habitudes de consommation

La période des fêtes de fin d’année aurait dû donner un coup de turbo aux résultats du groupe, qui tentait de se restructurer à l’abri de ses créanciers depuis septembre dernier. Peine perdue. Ces cinq dernières années, le chiffre d’affaires a chuté de 15%, tandis que l’entreprise accumulait les pertes sur la même période (1,3 milliard de dollars). Impossible dans ces conditions de rebondir, ce qui a précipité la chute de Toys’R Us.

La croissance des ventes en ligne, et en particulier d’Amazon, explique la fin de l’enseigne de distribution traditionnelle de jouets. D’après NPD, les différentes boutiques en ligne ont accaparé 30% des parts de marché en Europe, et 25% aux États-Unis. Toys’R Us aussi s’est lancé dans la vente sur internet, mais cette activité ne représente que 5 à 8% de son chiffre d’affaires selon les pays.

Toys’R Us est aussi la victime de l’ascension vertigineuse des loisirs numériques. La croissance des ventes de jeux vidéo est trois fois plus importante que celles des jouets, le chiffre d’affaires du jeu vidéo pouvant rattraper, voire dépasser, celui des jouets classiques à très court terme. Le jeu vidéo ne représente que 10% des revenus de l’enseigne américaine.

Autres griefs retenus contre le groupe : son retard pour embrasser complètement le marketing internet (Toys’R Us misait trop sur son catalogue papier, laissant de côté les lucratives promotions en ligne) ; quant aux magasins, leur agencement et leur décoration ne sont plus en phase avec les attentes des consommateurs.

Source: Capital