Reconnaissance faciale : un Chinois arrêté après avoir été repéré au milieu d’une foule de 50 000 personnes à un concert

politique

Par Anne Cagan le

Ce chinois recherché pour “crime économique” ne pensait pas pouvoir être repéré au milieu d’une telle foule. Les technologies de reconnaissance faciales, de plus en plus présentes en Chine, n’ont cependant eu aucun mal à l’identifier.

Flickr Mike_fleming

Il ne serait jamais allé à ce concert s’il avait pensé une seconde pouvoir se faire repérer. Perdu parmi les quelque 50 000 spectateurs venus assister au concert de Jacky Cheung, ce chinois identifié sous le nom Ao et recherché pour “crime économique” n’imaginait cependant pas courir le moindre risque. C’était sans compter les technologies de reconnaissance faciale déployées en Chine.

La police chinoise a en effet été à même de procéder à l’arrestation d’Ao lors du concert après que celui-ci a été identifié par les caméras de sécurité de la salle de spectacle. “Il était stupéfait et avait le visage très pâle lorsque nous l’avons attrapé”, a indiqué l’officier Li Jin. Comme Ao l’a indiqué aux autorités, il ne pensait effectivement pas courir le moindre risque en se rendant à cet événement. C’est pourtant loin d’être la première fois que la reconnaissance faciale est utilisée en Chine.

Un taux d’exactitude très proche des 100 %

L’an dernier, 25 suspects ont par exemple été arrêtés à un festival de bière de Qingdao après avoir été repérés par des caméras de sécurité. D’après les autorités de la ville, le système est capable d’identifier les visages consignés dans la base de données de la police avec un taux d’exactitude de 98,1%. De tels repérages devraient d’ailleurs se produire de plus en plus fréquemment maintenant que les fonctionnaires de police chinois sont équipés de lunettes de soleil dotées d’une fonction de reconnaissance faciale.

Blâmer publiquement les piétons qui traversent en dehors des clous

Celle-ci est d’ailleurs utilisée en Chine pour bien d’autres raisons. Le système de surveillance mis en place sur le festival de bière de Qingdao a par exemple également été utilisé pour refuser l’entrée à des personnes ayant un casier judiciaire ou des antécédents de problème avec la drogue. Cette technologie a également été installée à certains carrefours afin de jeter l’opprobre sur les personnes qui traversent en dehors des clous. Une fois celles-ci identifiées, leur photo et des extraits de leur numéro de carte d’identité et de leur adresse sont publiés sur des panneaux d’affichage dans la rue.

Le parc du Temple du ciel à Pékin a même opté pour cette méthode afin de rationner la quantité de papier toilette que les visiteurs peuvent utiliser. Pour obtenir deux feuilles, ils doivent être préalablement scannés par la machine. Et impossible ensuite de se resservir pendant neuf minutes. Une utilisation qui peut prêter à sourire mais qui montre bien à quel point cette technologie est déjà utilisée en Chine pour contrôler les moindres faits et gestes de la population.

Les citoyens ayant une mauvaise “note sociale” n’auront plus le droit de prendre le train

Couplé à l’effrayant système de notation sociale que la Chine est en train de mettre en place, de telles technologies pourraient avoir un impact redoutable sur le quotidien des citoyens chinois.

Nosedive – Black Mirror

Les modalités de ce système de notation qui sera mis en place en 2020 sont en effet, à elles seules, pour le moins inquiétantes : les Chinois se verront ainsi attribuer des points lorsqu’ils manifestent de “bons” comportements comme par exemple acheter des produits chinois ou vanter l’économie nationale sur les réseaux sociaux. Manifester des avis politiques dissidents ou faire des recherches en ligne jugées suspectes seront considérés comme des “mauvais” comportements et conduiront à des suppressions de points.

Le problème étant que le résultat final aura un impact très concret sur la vie des citoyens chinois. Dès le 1er mai prochain, ceux ayant une mauvaise note sociale se verront par exemple interdire l’achat de billets de trains ou d’avions pendant une période pouvait s’étendre à un an. Et ce n’est à priori que la première sanction d’une future longue liste de punitions.