Une enquête hors du commun sur des sites de généalogie a permis l’arrestation du tueur présumé du « Golden State »

Sécurité

Par Henri le

Les grands sites de généalogie disponibles sur le net compilent des millions de documents. Ils ont ainsi aidé les enquêteurs qui traquaient depuis des années « le tueur du Golden State ».

Il avait tué 12 personnes et violé une cinquantaine de fois entre 1978 et 1986. Des faits qui lui avait valu le surnom de tueur du « Golden State » (le surnom de la Californie). À 72 ans, Joseph James DeAngelo vient d’être appréhendé dans sa banlieue de Sacramento et pourrait bien être le criminel tant recherché. Six jours auparavant, il n’était pas considéré comme un suspect.  Une arrestation relatée dans le Sacramento Bee qui conclut un méticuleux travail de police, où l’ADN a une nouvelle fois joué un rôle primordial.

Un tueur impitoyable… Et introuvable

Un soulagement pour le pays et les habitants de la région, qui ont longtemps été terrorisés par ce tueur sadique. Ce dernier pénétrait la nuit par effraction dans les logements et infligeait de terribles sévices à ses victimes après les avoir ligotées. Il restait parfois des heures avec elles, n’hésitant pas à se servir dans leur réfrigérateur avant de reprendre ses tortures. Il choisissait parfois de les tuer avec pistolet ou un tisonnier.

L’affaire était devenue un « cold case » malgré des années d’enquête et la promesse d’une récompense de 500 000 dollars. La façon dont il effectuait ses nœuds laissait penser qu’il pouvait être un ancien de la Marine, mais il s’agissait hélas de la seule véritable piste.

Une enquête hors du commun

Les enquêteurs se sont servis des bases de données de sites comme Ancestry ou Geneaology pour comparer des profils génétiques similaires à celui du tueur. Ces plateformes permettent, moyennant un coût modeste, de partir à la recherche de ses origines. Il faut pour cela envoyer un peu de salive par la poste. Ces sites disposent ainsi de milliards de documents d’archives et de photos, en partie uploadées par les utilisateurs. Ancestry.com compte à lui seul deux millions d’utilisateurs et permet de consulter plus de 70 millions d’arbres généalogiques.

Ils ont d’abord utilisé un échantillon d’ADN laissé par ce dernier sur une scène de crime et ont commencé ce long travail de comparaison. Pendant des mois, ils ont remonté la généalogie de nombreuses familles dont les données se ressemblaient. Un travail de fourmi qui les a malgré tout menés à un parent éloigné puis, par pur travail de déduction, à un certain Joseph DeAngelo, un ancien policier ayant servi dans la Marine.

Les enquêteurs ont donc décidé de récupérer discrètement son ADN sur une canette de soda qu’il avait jetée pour la comparer à l’échantillon de l’époque… Et tout correspondait. Scott Jones, shérif du Comté de Sacramento n’a pas caché son soulagement lors de la conférence de presse suivant l’arrestation, où l’homme n’a pas montré de résistance.

« Nous avions commencé à le surveiller, et nous avons pu récupérer un échantillon d’ADN. Nous avons alors pu confirmer ce que nous pressentions déjà : nous avions notre homme »

Cette traque absolument fascinante laisse malgré tout des questions éthiques en suspens. Notamment en ce qui concerne l’exploitation des données privées provenant de ce type de sites pour effectuer un travail de police ou de recherche. Bien que les entreprises concernées aient démenti avoir participé à l’enquête, il semble bien difficile de s’en assurer.