La justice américaine conclut que Donald Trump n’a pas le droit de bloquer des internautes sur Twitter

politique

Par Anne Cagan le

Une magistrate fédérale de New York a rendu son verdict : Donald Trump a commis une faute en bloquant certains personnes sur son compte Twitter.

Donald Trump a beau vouloir gérer lui-même son compte Twitter, il n’est pas un utilisateur lambda. C’est ce que vient opportunément de rappeler la justice américaine qui vient de conclure que le président avait commis une faute en bloquant certains de ses détracteurs sur Twitter.

Soutenus par le Knight First Amendment Institute, sept internautes bloqués sur Twitter par le président américain avaient en effet porté plainte contre lui. L’avocat de Trump a tenté de faire valoir le droit du président à ignorer les remarques de certains, de la même façon qu’il a le droit, à un événement politique, de choisir de ne s’adresser qu’à certains interlocuteurs.

@realdonaldtrump est un “forum public”

Comme le note Vincent Glad dans un excellent article sur le sujet, les avocats des plaignants ont cependant une vision très différente du problème. Selon eux, l’analogie ne fonctionne pas en effet puisque lorsqu’un internaute est bloqué sur Twitter, il ne peut plus suivre la personne. Bloquer quelqu’un n’équivaudrait donc pas à ignorer ses remarques mais plutôt à lui interdire l’accès de la salle ! Les plaignants ont affirmé que le compte @realdonaldtrump était un “forum public” et que de ce fait, des citoyens américains ne pouvaient en être exclus en fonction de leurs vues politiques. Les plaignants ont du reste jugé que les droits de tous les citoyens américains étaient violés puisqu’ils n’accèdent plus qu’à une version modifiée de ce “forum public” à savoir une version dans laquelle les réponses des citoyens bloqués n’apparaissent plus sous les tweets de Trump.

Autant d’arguments qui ont visiblement fait mouche. Appelée à évaluer “à l’aune du premier amendement”, si un responsable gouvernemental peut “bloquer une personne sur son compte Twitter en réaction aux opinions politiques exprimées par cette personne”, la magistrate fédérale de New York Naomi Reice a tranché sans hésitation: la réponse est “non”. Et cette conclusion ne diffère pas dans le cas particulier ou “le responsable est le président des Etats-Unis”.

Source: Le Monde