Android : L’Union européenne inflige une amende record de 4,34 milliards d’euros à Google

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Par Henri le

Les tensions entre Bruxelles et le géant américain ne sont pas prêtes de s’apaiser. L’Union européenne vient en effet de lui infliger une amende sans précédent.

La sanction pendait au nez de Google et elle vient de tomber. L’Union européenne vient en effet d’infliger une amende record de 4,34 milliards d’euros à la firme américaine. Bruxelles reproche à l’entreprise d’avoir abusé de la position dominante de son système d’exploitation pour smartphone Android, afin d’imposer un peu plus la suprématie de ses applications phares, et notamment son moteur de recherche. Une somme qui correspond à 5% de son chiffre d’affaires de Google en 2017, calculée sur la base de la valeur des recettes que Google réalise grâce aux services de publicité contextuelle sur les appareils Android dans l’espace économique européen.

Ce n’est pas tout. L’UE a également donné 90 jours à Google pour interrompre ses « pratiques illégales » sous peine de se voir infliger « des astreintes allant jusqu’à 5% du chiffre d’affaires journalier moyen mondial d’Alphabet (la maison-mère de Google) ».

« Android a créé plus de choix pour tout le monde, pas moins. »

Le roi de la Silicon Valley va évidemment faire appel de cette décision. Sa ligne de défense se base sur le nombre d’opportunités créées pour tous par son système d’exploitation mobile, mais aussi sur la facilité avec laquelle il est possible de changer d’application.

Des applications inévitables ?

Bruxelles accuse Mountain View de manœuvrer pour contraindre les constructeurs à préinstaller les services et applications Google, comme YouTube, Maps ou Chrome sur les smartphones Android grâce à des incitations financières et accords de licence litigieux. La firme ferait de même avec certains grands opérateurs de réseaux mobiles, en les payant pour qu’ils préinstallent en exclusivité l’application Google Search sur leurs smartphones.

Google rétorque qu’Android est un système ouvert et libre, ce qui est vrai.  Mais pour financer l’entretien (et les MÀJ) de ce dernier, la firme a mis en place un accord nommé MADA (Mobile Application Distribution Agreement), qui lui permet d’engranger beaucoup d’argent. Chaque constructeur qui souhaite l’utiliser et proposer par défaut une des applications de Google (majoritairement Chrome) doit obligatoirement accepter les dix autres applications du pack virtuel de la firme : Search, Maps, Drive, Play Music, Play Movies, Photos, Duo, Gmail, YouTube, Play Store. Quand on connait la popularité de YouTube ou du PlayStore, on comprend que cet accord est quasiment inévitable.

Ce n’est pas la première fois que l’entreprise est épinglée. Elle a effectivement été condamnée à payer 2,42 milliards d’euros d’amende pour avoir abusé de sa position dominante pour mettre en avant son comparateur de prix Google Shopping en juin 2017. Depuis 2016, l’UE accuse le groupe de forcer des constructeurs comme Huawei ou Samsung a installer et paramétrer par défaut Google Search sur les smartphones européens. La Commission estime aujourd’hui que Google a empêché les fabricants souhaitant préinstaller les applications Google de vendre des smartphones fonctionnant sur d’autres versions d’Android non approuvées par Google (les «forks Android»).

Cette nouvelle amende intervient en revanche dans un contexte très tendu entre l’UE et les États-Unis, qui se dispute déjà sur plusieurs questions liées au commerce ou à l’OTAN. C’est d’ailleurs dans cette optique que Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, se rendra la semaine prochaine à Washington pour rencontrer le président Donald Trump, qui menace actuellement de taxer les importations de voitures européennes aux US.