Google : Le géant du Web plancherait sur un prototype de moteur de recherche censuré à destination du marché chinois

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Par Jules le

Pour coller à la politique de censure en Chine, Google travaillerait sur un prototype de moteur de recherche qui traquerait le numéro de téléphone des internautes chinois en fonction des sites qu’ils désirent visiter.  

Vous n’êtes pas sans savoir qu’en matière de liberté sur la Toile, la Chine est aussi ouverte que la Poste un dimanche. Pour pouvoir se faire une place sur le marché de l’Empire du Milieu, les géants américains doivent bien souvent s’adapter à la politique en vigueur, au mépris des droits en matière de libertés individuelles et de protection de la vie privée.

Colombe de la paix, libellule de la censure

Évidemment, lesdits géants américains essayent de rester discrets sur ce type de projet. Pas de chance pour Google, un lanceur d’alertes a épinglé la firme de Mountain View le mois dernier en révélant que cette dernière élaborait un prototype de moteur de recherche prompt à la censure, afin de le déployer en Chine.

Désormais, c’est le site The Intercept qui enfonce le clou en dévoilant que cette application Android, apparemment baptisée “DragonFly” (Libellule) dénicherait le numéro de téléphone personnel des internautes chinois pour le lier à leurs recherches sur Internet.

L’idée étant, vous l’aurez compris, de dénicher plus facilement une personne qui serait tentée d’en apprendre plus sur des concepts contraires – pour citer Tencent vis-à-vis de l’adaptation de Player Unknown’s Battleground au marché chinois – “aux valeurs socialistes, aux moeurs et à la culture traditionnelle chinoise.

Cette intrusion dans la vie privée s’ajoute aux mesures de censure qui seraient déjà en place sur ce prototype d’application, telles que l’impossibilité de trouver un résultat lorsque des termes comme “Protestation étudiante”, “Prix Nobel” ou “Droits de l’Homme” sont tapés dans la barre de recherche.

Qui plus est, des sources de The Intercept expliquent que DragonFly était codée de manière à ce que les indices de pollution et les prévisions météorologiques soient remplacés par des données issues de sources chinoises.

Google reste discret

Comme pour le programme militaire Maven en son temps, le projet “DragonFly” de Google suscite une certaine colère au sein de la Silicon Valley. Le journal The New York Times rapporte ainsi que 1 400 employés de la firme de Mountain View auraient signé une pétition pour protester contre la mise en place d’un tel projet, et réclame plus d’informations le concernant.

Vendredi dernier, un groupe bipartisan de membres de la Chambre des représentants du Congrès américain a demandé à Google de préciser ses plans concernant un moteur de recherche à destination de la Chine, estimant que le Congrès a “la responsabilité de veiller à ce que les entreprises américaines ne perpétuent pas les violations des droits de l’homme à l’étranger.”

De son côté, l’entreprise n’a ni infirmé ni confirmé l’existence de l’application DragonFly. Contacté par The Verge, elle a également refusé de commenter.