Traquer l’activité sportive des assurés en échange de réduction : la tendance américaine qui pose question

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Par Anne Cagan le

La compagnie d’assurance John Hancock va proposer à tous ses clients des réductions s’ils acceptent de partager certaines données relatives à leur activité et leur alimentation.

On s’est toujours un peu demandé quel était l’intérêt réel des traqueurs fitness. La réponse se fait de plus en plus claire : à aider les assureurs à faire des économies. La dernière annonce de la compagnie d’assurance américaine John Hancock montre d’ailleurs bien de quelle manière ces appareils pourraient être exploités. Le groupe vient en effet d’annoncer qu’il allait proposer à tous ses clients l’option de tracking fitness qu’il a commencé à développer en 2015.

Des réduc’ contre des données

Le fonctionnement de cette option est simple à comprendre. Ceux qui acceptent de partager leurs données d’activité et s’astreignent à faire du sport régulièrement bénéficient de cadeaux divers: cotisations réduites, réductions dans des magasins et des hôtels, remboursements des traqueurs, etc. Une proposition qui en soi n’est pas dénuée d’intérêt. Mais ce mode de fonctionnement, assez invasif, soulève toutefois pas mal de questions.

Comme le souligne Quartz, des personnes souffrant de dépression ou ayant des difficultés physiques à se mouvoir risquent par exemple de se retrouver exclues ou de devoir payer plus cher que les autres. L’autre question qui se pose est celle de la liberté laissée à l’assurée. Tant que celui-ci a envie de se prêter au jeu, la situation ne pose guère de problème. Mais si ce mode de fonctionnement venait à se généraliser, il deviendrait de plus en plus délicat, pour les autres, de refuser de se plier aux desiderata des assureurs. Aux Etats-Unis, de plus en plus d’entreprises tentent d’ailleurs de faire accepter à leurs employés le port de traqueurs de santé.