Predator : retour sur 31 ans de saga

En octobre prochain, sortira en salles le nouvel opus de la franchise Predator. Un film événement attendu autant par les fans de la première heure que par les amoureux de pop culture américaine. En attendant de retrouver l’extraterrestre rasta le plus hargneux de l’Histoire du cinéma, on revient aujourd’hui sur les différents épisodes de cette saga incontournable de la science-fiction débutée il y a maintenant 31 ans.

Dans l’enfer de la jungle

Predator (1987)

Que retient-on aujourd’hui du Predator originel des années 1980 ? Monument du survival moderne, le film marque les esprits avec sa créature extraterrestre, conceptualisée par Stan Winston et officieusement James Cameron. Inspirée par tout un imaginaire allant du comics aux sociétés tribales, celle-ci déploie une imagerie imposante. Un miracle au vu des premiers essais du costume assez ringard porté par Jean Claude Van Damme lors de la pré-production.

Predator demeure l’un des chefs-d’œuvre de son metteur en scène John McTiernan (Piège de cristal, Une journée en enfer) et une référence absolue de la SF et du fantastique. Avec son Arnold Schwarzenegger cachant sa fragilité derrière ses muscles, sa jungle étouffante et son duel final emblématique, le métrage paraît constamment aller à l’essentiel avec une évidence rare. La marque des grands, indiscutablement.

La chasse continue

Predator 2 (1990)

Exit John McTiernan, c’est au tour de l’excellent Stephen Hopkins (Freddy 5, L’Ombre et la Proie) de se retrouver derrière la caméra de l’inévitable suite de Predator. Un second opus qui déplace intelligemment son action en milieu urbain, plus précisément à Los Angeles, où le monstre peut cette fois-ci se mêler au chaos des gangs criminels et des forces de police. Un choix de décor idéal qui permet à Hopkins et son équipe de ne pas reproduire le même film que le premier et de créer une toute nouvelle forme de tension. Si le film n’est peut-être pas aussi fort que son modèle, il est indéniablement solide et racé.

Predators (2010)

Deux décennies après Predator 2, Robert Rodriguez s’occupe de produire ce reboot/remake de la saga. Réalisé par le hongro-américain Nimrod Antal (Motel, Blindés), Predators reprend les grandes bases du métrage de McTiernan (des gros bras, une jungle, une menace alien). On retiendra de l’œuvre un combat entre un predator et un yakuza armé d’un sabre, ou encore son ouverture aérienne et son mystère provisoire évoquant le Lost de Damon Lindelof et Carlton Cuse.

Le mythe du prédateur

De ces trois films entièrement consacrés au Predator, on retiendra une mythologie plutôt mystérieuse. Tout comme la saga Alien à l’origine, le spectateur ne sait finalement que peu de chose sur le monstre. Tout juste remarque-t-on la nature de chasseur viscéral de ce dernier, et le fait que ses apparitions se font généralement dans un lieu propice à la chaleur et au chaos. “Le Prédateur est le summum du chasseur, explique John Davis, le producteur du film initial et de tous les opus antérieurs de la franchise. Il est écrasant. Il a la faculté de se mouvoir avec beaucoup d’élégance et rapidement“. Le Yautja a été conçu à l’origine par le maquilleur Stan Winston, à qui l’on doit également les créatures d’Alien et de Terminator. 

The Predator 2018

Les pires prédateurs de l’univers sont maintenant plus forts et plus intelligents que jamais, ils se sont génétiquement perfectionnés grâce à l’ADN d’autres espèces. Alors qu’un jeune garçon devient accidentellement leur cible, seul un équipage hétéroclite d’anciens soldats et un professeur de sciences contestataire peuvent empêcher l’extinction de la race humaine. Telle est l’intrigue ambitieuse de ce The Predator réalisé par Shane Black.

Des nouveautés

Parmi les grands bouleversements apportés par cette mouture 2018, on retiendra un choix de bestiaire original et novateur. Il y a fort à parier que les prédateurs génétiquement modifiés du film de Shane Black marqueront la mythologie de la saga tout comme, avant eux, le magnifique Prédalien dévoilé dans le premier épisode d’Alien Vs Predator. Le Mega Predator sera certainement l’attraction majeure du métrage. Sorte de colosse surpuissant qui tue autant les hommes que ses congénères extraterrestres, cette bête d’ores et déjà mémorable pourrait insuffler au récit une intensité inédite.

Un classement R-Rated

Ceux qui aiment la saga le savent. Rendre le film tout public serait une hérésie. Un point que la production de ce futur volet semble bien avoir compris. Classé R aux États-Unis et interdit aux moins de douze ans en France, The Predator jouira logiquement d’effusions de sang et autres effets gores bienvenus. Une bonne nouvelle qui garantit de préserver un minimum la personnalité profondément ‘‘badass’’ des guerriers de l’espace et de leur univers. Les déclarations de Shane Black sur le film laissent par ailleurs penser qu’un certain sens du merveilleux côtoiera ici autant l’action musclée que l’humour propre à son auteur.

Rappelons d’ailleurs que Shane Black a un très beau palmarès à son actif. Scénariste prodigieux de L’Arme fatale et Last Action Hero, réalisateur de Kiss Kiss Bang Bang, Iron Man 3 et The Nice Guys, Shane Black est connu pour son sens de la comédie et du dialogue décapant. Voir ce dernier à présent aux commandes de la série de science-fiction offre l’assurance de vivre une expérience unique le 17 octobre prochain dans les salles françaises.