Après l’échec du lancement de la fusée Soyouz, les spationautes racontent leur atterrissage d’urgence sur Terre

Espace

Par Mathieu le

À cette heure, ils devaient se trouver dans l’espace, à 400 kilomètres de la Terre. Pourtant, Alexeï Ovtchinine et Nick Hague sont aujourd’hui chez eux, à raconter leur mésaventure aux médias. La semaine dernière, ces deux spationautes ont décollé depuis Baïkonour, au Kazakhstan, afin de rejoindre la Station Spatiale Internationale. Malheureusement, la fusée Soyouz n’a pas pu aller jusque-là et les deux hommes ont connu, à la place, une belle frayeur.

La fusée Soyouz

Un gros bloc de béton qui fait sept fois votre poids

Il rêvait d’aller dans l’espace, mais va devoir encore patienter un peu. L’américain Nick Hague, 43 ans, et dont c’était la première mission, a vu la fusée Soyouz activer son système d’urgence à la suite d’une défaillance de moteur. Pour le russe Alexeï Ovtchinine, « la pression ressentie durant la descente va de la poitrine au dos, donc imaginez que quelqu’un pose sur votre poitrine un gros bloc de béton qui fait sept fois votre poids ».

Alors qu’il s’agissait de son second voyage vers l’ISS, le cosmonaute affirme que même durant l’atterrissage d’urgence, les deux hommes ont réussi à garder leur calme : « Pour l’essentiel, le système automatique de sauvetage a tout fait, nous l’avons seulement suivi » tandis que Nick Hague précise « Tout ce que vous avez appris à l’entraînement prend alors la main ».

Si l’on en croit les propos des deux spationautes, cette descente n’était pas si terrible, malgré la tension qui doit régner puisqu’ils savaient à ce moment-là que leur mission était un échec et qu’il y avait un risque potentiel de crash : « La pression n’était pas si intense, un peu moins de 7-G » affirme Alexeï Ovtchinine qui explique qu’ils sont confrontés à bien pire lors des entraînements. « C’était quand même plus que les 5-G des redescentes normales de Soyouz » ajoute de son côté l’astronaute américain.

Une première en 35 ans

« Je me sens bien, comme mon collègue américain » a tenu à rassurer le cosmonaute russe qui précise « les docteurs ont conclu que notre santé est bonne, et même excellente ». Cet échec de la part de la fusée Soyouz est rare. « Le système d’urgence n’avait pas été activé en 35 ans, mais nous l’avons activé la semaine dernière, et il marche. Cela témoigne de l’engagement, de la persévérance et de l’attention aux détails des différentes équipes en charge de la fusée » a dit Nick Hague.

Lorsque la fusée a détecté une défaillance du moteur, elle a ainsi activé le système d’urgence et propulsé la capsule où se trouvaient les deux collègues. Cette dernière a alors accéléré via ses propres moteurs avant d’ouvrir des parachutes. L’américain, pas échaudé par cette expérience se dit même « prêt à voler dès que la Nasa le voudra ».