Les briques du futur pourraient être fabriquées à partir d’urine humaine

Science

Par Corentin le

Des chercheurs ont réussi à fabriquer des briques écologiques à partir de sable et d’urine humaine. En plus, le processus de fabrication est naturel, simple à mettre en place, et son coût est faible.

Des chercheurs de l’Université du Cap, en Afrique du Sud, ont réussi à fabriquer des briques à base … d’urine humaine. Non, ce n’est pas une blague, et il y a même une explication scientifique derrière cet étrange procédé.

Des briques facile à fabriquer…

Ces “bio-briques”, tels que les chercheurs aiment les nommer, permettront de réduire le coût des briques tout en diminuant drastiquement l’impact environnemental de leur fabrication. Concrètement, les chercheurs utilisent un processus naturel appelé précipitation microbienne du carbonate qui, par adjonction de sable meuble qui contient des bactéries, produisent l’enzyme uréase.

Dans un second temps, cette enzyme décompose l’urée contenue dans l’urine qui créée par le biais d’une réaction chimique complexe du carbonate de calcium, qui rend le mélange solide tel du ciment et prend la forme du moule qui la contient.

…écologiques, abordables, et plus solides

Le coût de fabrication de telles briques serait grandement inférieur aux briques actuelles, sans parler de son intérêt environnemental. Pour rappel, fabriquer des briques avec le processus actuel nécessite une cuisson au four à 1400 °C, avec la consommation énergétique et les rejets de CO2 (colossaux) qui l’accompagnent. Ce qui n’est pas le cas des bio-briques qui se forment à température ambiante.

Crédit University of Cape Town

En plus, les caractéristiques de rigidité seraient facilement ajustables, et il serait aisé de les rendre plus solides que des briques classiques. Dyllon Randall, professeur en ingénierie de la qualité de l’eau, explique que “si un client voulait une brique plus résistante qu’une brique [constituée] de calcaire à 40 %” il suffirait de faire durer précipitation du carbonate plus longtemps. “Plus on laisse les petites bactéries fabriquer le ciment, plus le produit sera fort. Nous pouvons optimiser ce processus.

Reste à trouver un moyen de collecter l’urine humaine en grande quantité et de convaincre la population pour parvenir à mettre en production ces bio-briques.