The Great Hack de Netflix dévoile la face cachée des réseaux sociaux, et cela ne va pas vous rassurer

Cinéma

Par Manon le

Le documentaire Netflix, The Great Hack, a été projetée en avant-première au festival du film de Sundance. Le film revient sur le scandale Cambridge Analytica qui avait secoué le monde des réseaux sociaux l’an dernier. Vous n’aurez qu’une envie après l’avoir visionné : désactiver vos comptes Facebook.

Première image du documentaire sortie pendant le festival Sundance

Le nouveau documentaire Netflix de Karim Amer et Jehane Noujaim, attendu dans l’année, The Great Hack, couvre l’un des scandales les plus controversés de 2018. En effet, la firme anglaise Cambridge Analytica avait secrètement collecté près de 87 millions de données confidentielles d’utilisateurs Facebook afin d’influencer les intentions de vote en faveur de certains hommes politiques. Le film rassemble toutes les pièces du puzzle du scandale qui a agité 2018. La caméra suit David Caroll, un professeur américain, qui a poursuivi la société Cambridge Analytica, et Brittany Keiser, ancienne employée de la firme, qui a révélé une partie des manipulations douteuses de la compagnie.

Les dessous du scandale

Rappelons dans les grandes lignes les fondements du scandale. En 2018, la firme Cambridge Analytica a été accusée d’avoir récupéré les données de plus de 50 millions d’utilisateurs Facebook sans leur consentement. Leur slogan était d’ailleurs évocateur « changer le comportement grâce aux données ». Cela représente une des plus importantes collectes de données non consenties dans l’histoire de Facebook. La firme a notamment été accusée d’avoir utilisé les données des utilisateurs pour essayer de manipuler les élections autour du monde dans le but de favoriser les mouvements d’extrême droite, et ce notamment, pendant l’élection américaine de Donald Trump. En effet, Steve Bannon, le vice-président de la firme n’est autre que l’ancien conseiller de l’actuel président américain.

Le côté obscur de Facebook

Pourquoi faire un documentaire comme celui-là si ce n’est pour dénoncer la face cachée des réseaux sociaux. Eh bien oui, mais pas seulement. Bien entendu, le documentaire soulève des questions sur les politiques de confidentialité des utilisateurs, mais selon The Verge, qui ont pu voir le film en exclusivité, la caméra se focalise davantage sur les personnalités des deux protagonistes qui racontent leur vision de l’histoire. La crise de conscience de Brittany Keiser est d’ailleurs au centre du film. La caméra joue beaucoup sur la tension dramatique. Elle est dépeinte tantôt comme idéaliste tantôt comme une opportuniste plus intéressée par le pouvoir que l’idéologie. Brittany Keiser est en quelque sorte en quête de rédemption et vient faire ici son mea-culpa. Cette tension dramatique est moins accentuée chez David Caroll, il est plus dans la colère. C’est un homme blessé qui ne comprend toujours pas comment Facebook a pu lui voler toutes ses données personnelles.

Le documentaire ne s’attarde pas tant sur le fait que les gens ont été manipulés pendant les élections présidentielles américaines, mais plus sur l’idée d’une démocratie menacée. Le côté le plus perturbant du documentaire est qu’il vous rappelle sans cesse que vous êtes toujours observés « on était tellement subjugué avec le cadeau de cette nouvelle technologie que personne n’a pris la peine de lire les termes autour de la confidentialité », comme le souligne une des lignes du dialogue. Pour tout savoir sur ce scandale qui a secoué le monde des réseaux sociaux, il faudra attendre que Netflix sorte officiellement le documentaire. Aucune date n’a encore été annoncée, mais il devrait rejoindre la plateforme dans l’année. Ce qui en soi, est un peu ironique puisque l’on sait que Netflix, collaborant avec Wikileaks, est capable de savoir le temps exact que vous avez passé à regarder tel ou tel contenu… Nous laisserons David Caroll, relayé par The Hollywood Reporter, conclure à notre place : « en laissant des algorithmes faire des choix à notre place, nous abandonnons tout libre arbitre », à méditer donc…