Selon le réalisateur Werner Herzog, le piratage des films est une bonne chose

Cinéma

Par Amandine Jonniaux le

Interrogé sur le piratage d’œuvres cinématographiques lors d’une masterclass, le réalisateur Werner Herzog a avoué soutenir le téléchargement illégal.

Crédits – Markus Spiske via Unsplash CC

Souvent considéré comme un véritable fléau de l’industrie cinématographique, le téléchargement a aussi ses bons côtés. C’est du moins ce qu’a récemment affirmé le réalisateur allemand Werner Herzog. Invité au Festival Visions du Réel de Nyon en Suisse pour recevoir un prix d’honneur récompensant l’ensemble de sa carrière, le cinéaste a donné son avis sur le téléchargement illégal. Interrogé sur l’absence de plusieurs se ses films sur les plateformes de streaming en ligne comme Netflix ou Amazon Prime Video, Werner Herzog a défendu le piratage de ses propres œuvres, en reliant le phénomène à l’absence d’offre légale : « Je n’aime pas trop ça, car j’aimerais bien recevoir une rétribution pour mon travail mais bon, si quelqu’un veut voler mes films sur internet ou ailleurs, qu’il le fasse, vous avez ma bénédiction ».

« Si vous ne trouvez pas un film sur des plateformes comme Netflix ou sur une chaîne de télévision privée dans votre pays, la seule solution qu’il vous reste, c’est le piratage » – Werner Herzog

Volontairement provocante, cette prise de position a le mérite de poser la question de l’accès à certaines œuvres cinématographiques. Même si le piratage illégal constitue un évident manque à gagner pour les ayants droit d’un contenu multimédia, ce dernier permet néanmoins à une toute nouvelle audience d’accéder au dit contenu. Pour Werner Herzog, le piratage constituerait même « le meilleur moyen de distribuer les films à travers le monde ». Si l’arrivée d’offres légales comme Netflix, OCS et Amazon Prime ont significativement fait baisser le nombre de téléchargements illégaux, l’offre actuellement disponible sur les plateformes de streaming en ligne n’est pas exhaustive. Évidemment, la disponibilité d’un film ou d’une série sur les plateformes légales n’empêche pas pour autant le téléchargement illégal, comme l’a récemment prouvé le premier épisode de l’ultime saison de Game of Thrones, qui a été piraté 55 millions de fois en 24 heures.