Une expédition tout autour du monde révèle la richesse « virale » de l’océan arctique

Science

Par Henri le

Les résultats d’une expédition scientifique prouvent que l’arctique est un véritable trésor de la biodiversité virale.

Il n’y a pas besoin d’être un expert pour se rendre compte que nos océans sont d’une importance capitale du point de vue environnemental. De récents résultats de l’expédition Tara Oceans, qui s’est déroulée de 2009 à 2013, viennent une nouvelle fois de le confirmer. Cette traversée autour du monde n’a pas été vaine, car elle a permis de collecter le catalogue le plus complet de virus présents dans les océans de notre planète.

Cette étude a été menée par plus de 200 chercheurs du Commissariat à l’Énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), du Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL), de l’École Normale Supérieure et de la Fondation Tara Ocean (entre autres). Son impact est très important, car elle a permis de comptabiliser près de 200 000 populations virales océaniques, contre 16 000 auparavant. Elle souligne que l’Arctique est un précieux réservoir viral.

Des organismes qui produisent plus de la moitié de l’oxygène que nous utilisons

Les virus présents dans nos océans n’ont en général pas d’effet sur les humains, mais influencent grandement la vie marine et peuvent infecter des animaux comme les baleines, mais aussi les crustacés. Ils ont par ailleurs un impact considérable sur l’ensemble des organismes du plancton marin, notamment des bactéries.

Et ces organismes ont un rôle majeur sur Terre puisqu’ils produisent plus de la moitié de l’oxygène que nous utilisons tout en absorbant le dioxyde de carbone de l’atmosphère dans les fonds océaniques. Le recensement de ces virus et est donc particulièrement important, car leur action peut avoir des répercussions importantes sur l’environnement, mais aussi, car ils permettent de mieux comprendre le fonctionnement de la vie organique en général.

L’analyse de leur ADN a permis d’étudier leur évolution, mais surtout de dresser un inventaire (non-exhaustif) de ces derniers ainsi qu’une carte mondiale de la diversité virale marine. On y apprend par exemple que la majorité d’entre eux se répartissent en cinq grands groupes, à des localisations et profondeurs assez précises. Le chemin est encore long pour percer les mystères de la biodiversité virale, dont on ne savait encore pas grand-chose il y a quelques années. Mais ce travail permet néanmoins de mieux comprendre l’importance de l’océan Arctique, et les conséquences du changement climatique sur ce dernier.