L’administration Trump accorde 90 jours de sursis à Huawei « pour s’organiser »

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Par Henri le

Le président américain a récemment fait trembler le monde de la high-tech en annonçant des sanctions très sévères contre Huawei. La marque va néanmoins bénéficier d’un sursis.

C’était l’annonce la plus importante du monde la high-tech cette semaine. À la suite d’une décision du gouvernement américain, Huawei va perdre le droit d’utiliser Android sur ses smartphones, ainsi que tous les services liés à Google. Une nouvelle étape dans le conflit qui oppose le constructeur chinois et le président Donald Trump. Ce dernier a annoncé la semaine dernière d’importantes restrictions aux sociétés américaines qui commercent avec des entreprises étrangères jugées dangereuses pour la sécurité nationale. Huawei rentre donc en ligne de mire, puisque la société est accusée d’avoir fait de l’espionnage pour le gouvernement chinois.

Le compte Twitter d’Android avait lui-même relayé la news en indiquant que la marque perdait tout de suite le droit d’utiliser les prochaines versions d’Android sur ses smartphones. Ce qui inclut également le Google Play Store, mais également Maps, YouTube ou encore Gmail.

Cette décision prise visiblement rapidement est loin d’être anodine et fragilise également de nombreuses entreprises américaines, qui se fournissent chez la firme. C’est par exemple le cas des opérateurs, qui bénéficie de son hardware et de son expertise réseau. Ce n’est pas non plus une nouvelle réjouissante pour la firme de Mountain View, qui perd de facto un de ses plus gros clients sur smartphone.

Une telle mesure ne peut pas prendre effet en un jour. Reuters rapporte que le Departement du Commerce des États-Unis va accorder « une licence générale temporaire » de 90 jours à la firme afin que le secteur s’organise. Le géant chinois pourra en profiter pour mettre à jour ses smartphones, mais également acheter des équipements à ses fournisseurs US pour maintenir son réseau (utilisé par de nombreux Américains). Ce sursis de trois mois, qui pourrait certes être reconduit, ne veut donc pas dire que Huawei est sorti d’affaire.

« La Licence Générale Temporaire donne aux opérateurs le temps de s’organiser autrement et au ministère la possibilité de déterminer les mesures appropriées sur le long terme pour les entreprises de télécommunication américaines et étrangères qui se servent aujourd’hui des équipements d’Huawei pour certains services essentiels. » a commenté Wilbur Ross, le Secrétaire d’Etat au Commerce.

La marque semblait s’y attendre et son fondateur Ren Zhengfei s’est fendu d’une réponse laconique :

«Les actions du gouvernement américain pour le moment sous-estiment nos capacités»

Elle compte donc assurer le service et laisse entendre qu’elle travaille déjà sur son propre OS. Mais Trump se sert peut-être de cette décision comme d’un épouvantail pour fluidifier des négociations commerciales de très grande ampleur.