Neuralink : l’interface cerveau-machine d’Elon Musk présente ses progrès

Science

Par Antoine le

Elon Musk et sa société Neuralink développent des interfaces cerveau-machine à l’attention de personnes en situation de handicap. Ils ont présenté leurs progrès en la matière à l’occasion d’une conférence, et annoncé vouloir démarrer les tests humains d’ici 2020.

© Neuralink

Ce n’est un secret pour personne : Elon Musk est très investi dans son projet Starlink, qui vise à placer une constellation de satellites low-cost en orbite autour de la Terre pour mettre en place un nouveau système d’accès à Internet. Le projet Neuralink dans lequel il a investi 100 millions de dollars, en revanche, est moins connu. C’est même la première fois que l’entreprise révèle une partie du fruit de son travail au grand public, à l’occasion d’une grande conférence diffusée sur YouTube.

L’objectif de NeuraLink est le développement d’interfaces cerveau-machine (brain-machine interface, ou BMI), c’est à dire d’implants nerveux permettant le contrôle de machines. À terme, l’entreprise souhaite permettre à des humains souffrant de handicaps lourds, comme des tétraplégiques, de pouvoir contrôler un smartphone ou un ordinateur par la pensée. Mais également un but plus philosophique : pour éviter que les humains ne soient laissés à la traîne par la technologie, Musk estime qu’il y a besoin d’établir une « symbiose » entre l’Homme et la machine, dans la lignée de ses convictions transhumanistes.

La première avancée présentée par Musk est un système de threads flexibles, moins susceptibles d’endommager le cerveau par rapport aux matériaux qui existent dans les interfaces cerveau-machine actuelles. D’après The Verge, ces threads offriraient la possibilité de “transférer un plus grand volume de données”.

Ces petits filins quasiment bardés d’électrodes, les threads, plongent au contact des neurones pour capter leur activité. | © Neuralink

L’entreprise a également présenté un robot « neurochirurgien », capable d’implanter six threads (ces petits capteurs flexibles de 4 à 6 micromètres de diamètre) par minute automatiquement. L’entreprise précise que ce robot est programmé pour éviter les vaisseaux sanguins, et les potentielles conséquences d’une réaction inflammatoire dans le cerveau. À l’heure actuelle, cette implantation se fait encore par forage mécanique à travers le crâne, mais le but est de passer à un forage au laser, moins invasif.

La machine servant à implanter l’interface. | © Neuralink

La puce qui sera utilisée a elle-aussi été présentée. Elle sera chargée de lire, nettoyer et amplifier le signal capté au niveau des différentes électrodes portées par les threads. Pour le moment, cette puce fonctionne uniquement via USB-C. Évidemment, le but à terme est d’en faire un système complètement sans-fil.

La puce, avec son port USB-C. | © Neuralink

Pour cela, Neuralink a conçu un capteur baptisé N1, censé pouvoir transmettre des données à distance après avoir été implanté dans le corps humain. Il devrait être implanté en quatre exemplaires, trois dans des aires motrices et une dans une aire somatosensorielle. Il se connectera à un appareil monté derrière l’oreille, et se contrôlera à travers une application mobile.

L’application mobile Neuralink. | © Neuralink

Mais cette présentation n’avait pas uniquement vocation à tenir le public au courant des avancées des travaux de l’entreprise : il s’agissait également d’un pitch en bonne et due forme, au terme duquel Elon Musk espère recueillir quelques candidatures de poids pour venir enrichir l’équipe du projet.

Pas encore prêt pour l’humain

Et pour finir, à la fin de la session de questions-réponses qui a clôturé la conférence, le gourou des nouvelles technologies s’est laissé aller à une confidence apparemment pas au programme, d’après The Verge, un singe aurait été capable de contrôler un ordinateur par la pensée grâce à leur système NeuraLink. Les essais sur des rats, eux, en sont déjà à un stade relativement avancé.

Un rat avec une BMI implantée. | © Neuralink

Une perspective à la fois inquiétante et encourageante, mais qui n’est toutefois pas encore tout à fait prête à être appliquée à l’Homme. Max Hodak, le président de NeuraLink, précise qu’il leur reste de nombreuses démarches à effectuer auprès de la FDA (la Food and Drugs Administration, toute-puissante agence fédérale américaine qui régule ce genre d’initiatives). L’entreprise cherche à améliorer certains points avant le début des tests cliniques sur des humains, dont le début est prévu à l’horizon 2020.

Le principe d’une BMI. | © Neuralink

Tout d’abord, il s’agit d’augmenter le nombre de neurones que le système peut lire et écrire sans risque et sur le long terme, pour disposer d’une efficacité et d’un contrôle quasi-parfaits.
Neuralink voudrait également rendre sa technologie aussi simple que le Lasik. Cette technique non-invasive de chirurgie ophtalmologique au laser est aujourd’hui pratiquée de façon routinière, avec d’excellents résultats.

Le fantasme du contrôle par la pensée plus si loin que ça

Les BMI n’ont cependant pas été inventés par l’entreprise d’Elon Musk. Une réalité dont les équipes de Neuralink sont bien conscientes, de l’aveu même de son président : « Neuralink n’est pas sorti de nulle part, il y a une longue histoire de recherche académique sur le sujet ». Une histoire qui débute dans les années 1970 à l’université de Californie. C’est en Juin 2004 que Matthew Nagle est devenu le premier humain implanté avec une BCI, baptisée BrainGate .Plus récemment, on peut aussi citer les travaux sur l’Utah Array. Les expériences de ce type se multiplient aujourd’hui, avec parfois des résultats spectaculaires observés sur des rats… ou même des humains (même si, pour être précis, il ne s’agit pas de BMI mais de BBI, ou Brain-to-Brain Interface).

Une technologie incroyablement prometteuse donc, qui offre des perspectives énormes en termes de santé publique… mais aussi son lot de dangers potentiels, matériel de choix pour un futur épisode de Black Mirror. On suivra donc avec attention l’avancée de ce projet NeuraLink, mais également des autres projets en la matière pour voir qui remportera cette « course ».

12 réponses à “Neuralink : l’interface cerveau-machine d’Elon Musk présente ses progrès”

  1. Vous réalisez qu’on est arrivé à ce niveau de développement dans les soins de santé en général grâce, en grande partie, aux expérimentations animales? Que vous soyez choqué devant ce genre de photos je peux tout à fait le comprendre mais ici on ne parle pas de tester des produits de beauté mais bien à terme de permettre à des personnes paralysées de pouvoir hypothétiquement contrôler un exosquelette leur permettant d’être à nouveau indépendant. Donc c’est clairement un mal pour un bien.

  2. La vie d’un homme n’a en aucune façon plus de valeur que celle d’un animal. Sacrifier un être vivant pour un autre, ce n’est pas un mal pour un bien… accepteriez-vous qu’on prenne votre famille en cobaye ?

  3. C’est bien de se donner bonne conscience en disant « oh la pauvre sourie » pendant 5 min puis d’aller retourner dans son train train quotidien.

    Train train quotidien que vous pouvez vous offrir grâce à la science et toutes les animaux que l’on a du sacrifier pour éviter de devoir lancer un produit sur le marché avant de l’avoir testé.

    Aller soyons honnête, répondez a ces 5 questions :
    – Est ce que vous refuseriez d’utiliser des médicaments ? (si oui, bravo vous m’avez cloué le bec mais votre espérance de vie est plutôt courte)
    – Si vous avez répondu non :  Est ce que vous accepteriez d’utiliser un médicament non testé ? (si oui, bravo votre confiance en la chance est inébranlable)
    – Si vous avez répondu non  : Est ce que vous préférez que ce médicament soit testé sur un rat ou un humain ? (Si vous avez choisi humain, pensez vous que l’humain choisi sera consentant ?)
    – Si vous avez répondu rat : bravo vous avez compris comment fonctionne ce monde o/
    – Si vous avez répondu non  : désolé vous êtes dans le déni

  4. « La vie d’un homme n’a en aucune façon plus de valeur que celle d’un animal »
    A partir de quelle taille d’animal ?

    Si c’est sans importance, avez-vous renoncé à votre voiture (au train / à la moto…) compte tenu de la multitude de petits animaux écrasés pour seulement vous assurer un déplacement ?

    Si vous ou votre enfant êtes malades, renoncez-vous aux médicaments car testés sur des animaux ?

  5. Sauf que la ont est pas dans un rapport d’une sourie sacrifié pour un homme sauvé… mais de quelque centaines de souries pour des milliers de vies humaines. Donc oui, un bien pour un mal, mais un mal nécessaire.

  6. lol « compris fonctionne se monde » ou « deni » GROS LOL. en gros j’ai juste deux options etre dans ton sens et donc etre daccord avec toi ou soit je me ment a moi meme. Bonjour l’ouverture d’esprit. Moi je suis pas arrogant en imposant mon monde de pensé meme en etant comme n’importe quel humain qui a forgé son opinion … mais apperement c’est pas le cas de tout le monde

  7. C’est bien après le dénis c’est la colère on progresse, il ne vous reste plus que le marchandage, la dépression, et l’acceptation o/ (pour la phase de dépression surtout ne pensez pas aux petites souries qui ont du tester les anti-dépresseurs ça vous ferait rechuter)

  8. ou tu as vue la colere? j’ai juste dit que tu as pas d’ouverture d’esprit. c’est un fait. parce que tu es maitre de la pensé unique? et tu continue de le prouver. Toute personne qui pense avoir la pensé unique propose toujours le meme patherne. essayer de discréditer en se moquant sans aucune forme d’argumentation. en premier c’est « deni » qui montre tout a fait que pour toi c’est completement impossible de pas partager ton monde de pensé et donc d’opinion. et maintenant le moquement par  » colerè ». et mec j’ai ecris GROS lol. ca veux dire Gros rigolé… mis a par cette acronyme. Je n’ai absolument pas donné un seul indice sur le ton de comment ecrire ce message. tu l’as simplement appliquer le ton que tu voulais en lisant mon message. mais bon… « anti depresseur … rechuter » ah les propos haineux sur internet… de un etre depressionneux ne devrait pas etre utiliser dans un sens pejoratif. c’est une forme de maladie qui conduit pour certain a des tres haute forme de douleur par le sucide…. donc montré plus de respect pour ceux qui en souffre. sur ceux je vais pas jouer a votre jeu infantile du dernier mots. je vous laisse si vous voulez  gagner au jeux du dernier mots

  9. la jolie manière de penser qui dégouline d’idéalisme hypocrite … des aliments aux médicaments tout est testé sur les animaux … sans ces sacrifices, (dont il ne faut pas abuser) vous ne seriez sans doute pas là pour nous casser les c … en réalité seul vrai point négatif des essais sur les animaux ….

  10. Une chose est sûre, l’homme joue à l’apprenti-sorcier avec toute la démesure de sa vanité …Chacun peut opposer ses arguments pendant longtemps, aussi la question n’est-elle pas de faire un constat objectif sur l’état actuel de notre civilisation et de projeter sur son avenir proche ?En somme, si l’homme continue sur sa lancée, peut-on encore croire qu’il va y survivre ?!

  11. Hypothétiquement, oui.
    C’est bien de le préciser car pour s’offrir ce genre d’équipements, mieux vaut être blindé car les personnes de « classe moyenne » pour mettre une étiquette ne pourront se l’offrir 

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