Non, un simple post Instagram n’empêchera pas le réseau social d’utiliser vos données

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Par Amandine Jonniaux le

Selon un post récemment partagé en masse sur Instagram, le réseau social serait en passe de profondément modifier ses conditions d’utilisation. On fait le point. 

Crédits Geralt via Pixabay CC

C’est via une publication virale partagée sur Instagram, que certains utilisateurs – dont plusieurs célébrités, ont récemment relayé un étrange message. Concrètement, ce dernier explique que suite à de nouvelles conditions d’utilisation imposées par le réseau social : Tout ce que vous avez posté jusqu’à présent deviendra public à partir d’aujourd’hui, même les messages supprimés, ou les photos privées”. Pour empêcher la plateforme d’utiliser nos publications à l’avenir, il suffirait simplement de copier-coller le message en question sur notre feed, en indiquant “Je n’autorise pas Instagram, ni aucune autre autre entité associée, à utiliser mes photos, informations messages ou posts, qu’ils soient passés ou futurs. Avec ce statut, je notifie Instagram qu’il est strictement interdit de divulguer, copier, distribuer ou d’intenter toute action que ce soit contre ma personne, basée sur mon profil et/ou son contenu. Mon profil est privé, et contient des informations confidentielles”. 

Crédits The Verge / Tom Holland

Partagé par plusieurs figures connues, comme par exemple Julia Roberts, Usher, Tom Holland, ou encore Rick Perry, ancien gouverneur du Texas et actuel secrétaire à l’Énergie de l’administration Trump, le message a sans doute été vu par plusieurs millions d’utilisateurs. Pourtant, et sans grande surprise, son contenu est entièrement faux. Il s’agit en réalité d’un hoax qui circule régulièrement sur les réseaux sociaux, on peut notamment en trouver sur Facebook depuis 2012. Interrogée par The Verge, Stephanie Otway, la manager d’Instagram a simplement expliqué : “Il n’y a aucune vérité dans ce message”.

Que peut vraiment faire Instagram avec nos publications ?

En s’inscrivant sur Instagram, les utilisateurs acceptent forcément les CGU du site (sans quoi ce dernier ne pourrait pas fonctionner), qui donnent notamment le droit au réseau social d’utiliser vos photos pour les publier, ou les conserver dans sa base de données. Néanmoins, si la plateforme s’octroie une licence d’utilisation, l’internaute demeure propriétaire du contenu. Il est donc impossible qu’Instagram décide de vendre ou d’utiliser vos publications sans votre accord dans le cadre d’une campagne publicitaire par exemple. Dans le même esprit, vos messages et contenus privés sont destinés à le rester, la plateforme n’ayant théoriquement pas le droit de le rendre public sans votre autorisation. En revanche, il est bel et bien possible d’utiliser vos publications et données Instagram dans le cadre d’une procédure juridique. C’est ce qui s’était passé il y a quelques mois dans l’affaire Johnny Hallyday, quand la géolocalisation de ses photos postées sur le réseau social avait contribué à prouver que le chanteur avait passé beaucoup de temps en France avant sa mort. En cas de décisions de justice, le réseau social est dans l’obligation de transmettre vos données aux forces de l’ordre, ce qui est le cas pour tous les services internet. 

Instagram n’est donc pas propriétaire de vos publications, mais ne possède qu’une simple licence d’utilisation. De plus, si le réseau social venait à modifier ses CGU, il serait impossible pour les utilisateurs de révoquer unilatéralement l’entente préalablement actée au moment de la création de leur compte via un simple message posté sur leur feed. Le seul moyen de ne pas voir ses photos utilisées sans son accord serait ainsi de purement et simplement supprimer son compte. 

Si beaucoup sont tombés dans le panneau face à ce message, d’autres comme le chanteur John Mayer ont préféré jouer la carte de l’humour, en postant une publication similaire indiquant : “Je donne à Instagram le droit de publier, distribuer et vendre le contenu de mes publications (…) incluant notamment ma recette mondialement connue du pain de viande, mes fanfiction sur Joe Camel, (…) mes photos d’éviers, mes dessins de Jenga Jensigan, ma pornstar imaginaire (…) Ce post écrit depuis mon téléphone est valable comme document légal sans limites de temps, et partout à travers l’univers”.