Un chercheur crée une coque interactive en fausse peau humaine

Science

Par Felix Gouty le

Un chercheur français dévoile Skin-On, une peau artificielle qui permet d’interagir avec son smartphone en le pinçant ou en le caressant.

En 1999, dans son film eXistenZ, David Cronenberg imaginait déjà des interfaces électroniques en partie organiques. Vingt ans plus tard, Marc Teyssier, doctorant au laboratoire de traitement et communication de l’information de Télécom Paris Tech, y est arrivé. Au départ, « je voulais juste pincer mon téléphone », avoue ce dernier au New Scientist. Partant de cette idée, Marc Teyssier ainsi que des chercheurs CNRS de Sorbonne Université et leurs collègues de l’université de Bristol sont parvenus à la conclusion que la « peau humaine représentait la meilleure surface possible » pour programmer de telles interactions humain-machine. L’objectif de ce projet Skin-On est de pouvoir ajouter une valeur émotionnelle et sensible aux simples commandes nécessaires à une interaction classique avec son smartphone, son PC portable ou sa smart-watch.

Deux couches de silicone – dont une, extérieure, ressemblant à un épiderme humain – cachent une toile de fins fils de cuivre reliés à un circuit intégré. Celui-ci renferme le logiciel MuCa-Breakout qui permet aux différentes électrodes de la puce de convertir les stimuli haptiques en charge électrique et de les transmettre à l’appareil connecté à la surface Skin-On avant de les interpréter à travers diverses applications. Parmi les stimuli, la peau artificielle – qu’elle soit sous forme de coque de smartphone, de pavé tactile pour PC ou de bracelet pour montre connectée – peut comprendre le pincement, les caresses, la torsion ou les chatouilles. Par exemple, comme le montre une preuve de concept en vidéo, si la coque Skin-On est programmée en adéquation avec le réglage du volume sonore du téléphone, une simple torsion circulaire de la peau artificielle peut l’augmenter ou le réduire. Selon les applications, elle peut même les traduire, de façon émotionnelle, comme des marques de colère, d’attention ou d’excitation. Si le projet peut faire hérisser les poils de certains (un élément à ajouter à la peau de Skin-On ?), Marc Teyssier le pense comme un élargissement de la communication, confie t-il à Gizmodo : « aujourd’hui, nous communiquons essentiellement au travers d’appareils froids, nous avons perdu le sens du toucher et son rôle dans la communication humaine ». Avec son projet Skin-On, il veut ouvrir la voie à « un futur possible pour les appareils anthropomorphiques ».