Regarder la TV nous pousserait à préférer les femmes minces

Science

Par Felix Gouty le

La télévision influencerait davantage notre perception du monde que notre culture, notre éducation ou notre statut social. En tout cas, dans nos préférences en matière de femmes. Une nouvelle étude, menée en dehors des zones urbaines développées, le confirme.

Netflix sur la télévision

Il y a des milliers d’années, devant les murs peints de leurs cavernes, la population jugeait que les femmes rondes étaient les plus attirantes de toutes. Aujourd’hui, collée à son écran de télévision, d’ordinateur ou de smartphone, l’humanité préférerait largement les femmes plus minces. Pour la première fois, de scientifiques ont confirmé cette tendance en dehors de pays et villes développées. Des chercheurs de l’université de Durham au Royaume-Uni ont interrogé près de 300 personnes (hommes et femmes) habitant dans  sept villages reculés au Nicaragua, en Amérique du Sud. Aucune d’entre elles n’avait un téléphone portable et peu parmi elles avaient accès à Internet, à des magazines et à la télévision. Lorsque les chercheurs leur montraient des images de corps féminins de différents indices de masse corporelle et de différentes formes, la grande majorité jugeait les femmes aux formes rondes plus attractives. Les sondés détenant un accès à la télévision ont cependant répondu l’inverse. A noter qu’ils regardaient principalement des télénovelas, des films d’action hollywoodiens, des clips musicaux et des télé-réalités policières. Les scientifiques ont aussi interrogé des participants avant puis après l’obtention d’un accès à la télévision. Ils se sont ainsi aperçus que leur jugement évoluait, favorisant les femmes plus minces, influencés par les images régulièrement diffusées à la télévision. Les scientifiques britanniques en ont conclu que la télévision influençait davantage nos modèles d’attractivité et d’attirance que l’éducation ou la situation sociale.

« Les personnes en charge des programmes télévisés et des publicités ont pour responsabilité morale de mettre en avant des acteurs, des présentateurs et des mannequins de toutes les formes et de toutes les tailles pour éviter de stigmatiser les corps aux formes plus rondes, a déclaré Lynda Boothroyd, chercheuse en psychologie à l’université de Durham, dans un communiqué. Nos découvertes démontrent clairement que notre perception de l’attractivité et de l’attirance sont très variables et sont affectées par ce à quoi nous sommes exposés visuellement quotidiennement. » A la fin de leur étude (publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology), les chercheurs ont aussi remarqué que l’accès des participants à Internet s’accentuait. Son rôle sur notre perception de l’attirance pourrait être ainsi l’objet d’une prochaine étude : même sur place, « l’Internet devient rapidement plus important que la télévision. »