Des chercheurs montrent pourquoi le stress accélère l’apparition de cheveux blancs

Science

Par Felix Gouty le

L’expression “se faire des cheveux blancs” possède désormais une explication scientifique. D’après des chercheurs de Harvard, le stress déclencherait une transformation excessive de cellules souches en cellules produisant les pigments de nos cheveux. Trop de stress épuiserait leur nombre, et avec lui le nombre de cheveux ou poils colorés sur notre corps.

Doc Brown dans Retour vers le futur.
Le docteur Emmett Brown, le savant (un peu) fou des films Retour Vers Le Futur (Crédits : Amblin Entertainment / Universal Pictures).

La science sait désormais comment une personne stressée peut littéralement se faire des cheveux blancs, même à un jeune âge. Le stress joue bien un rôle dedans. Des chercheurs de l’université d’Harvard en ont aujourd’hui la preuve et le soulignent dans une publication dans la revue Nature. Leur interrogation de départ concernait la forme observable que pouvait prendre l’effet du stress sur notre corps. Pour y répondre, ils souhaitaient réussir à démontrer comment le stress pouvait effectivement rendre nos cheveux blancs ou gris – à savoir, des cheveux dépourvus de pigmentation.

Les scientifiques américains ont procédé à plusieurs expériences sur des souris de laboratoire. Pour les mettre dans des situations de stress, ils les ont retenus physiquement contre leur gré ou leur ont causé de la douleur. Ils ont ensuite observé comment le stress ainsi induit se traduisait après des modifications physiologiques différentes. Réprimer les défenses immunitaires des rongeurs n’a pas empêché le blanchissement de leurs poils. L’ablation de leurs glandes surrénales – qui synthétisent l’une des hormones principales du stress, le cortisol – n’a, là encore, pas suffit à arrêter le phénomène. Cependant, en empêchant la synthèse d’une autre hormone, la norépinéphrine (ou noradrénaline), les scientifiques ont aussi stoppé le blanchissement des poils des souris étudiées. Cette hormone joue un rôle prépondérant dans le système nerveux sympathique, qui s’active lorsque le corps est en action, et, plus précisément, dans le cadre d’une réponse appelée “combat-fuite.” Cette dernière, identifiée sur un grand nombre d’animaux, est la réaction naturelle face aux menaces extérieures et amorce un combat ou une fuite.

Quand le stress s’en prend aux couleurs

Par la suite, le chercheurs se sont aperçus que cette sécrétion de norépinéphrine déclenchait la différenciation d’un nombre anormalement élevé de cellules souches dans le corps. Dans le cas des cheveux, celles-ci se transforment en cellules produisant des pigments. L’excès de stress va, à force, épuiser le “réservoir” de cellules souches dont notre corps dispose et donc de cellules capables de donner une couleur à nos cheveux. Cet épuisement de “cellules pigmentaires” se déroule progressivement avec l’âge mais s’accentue donc avec le stress. “En identifiant précisément les conséquences physiologiques du stress, nous ouvrons la voie vers une plus large compréhension des effets du stress sur notre organisme, a déclaré l’un des auteurs de l’étude et spécialiste des cellules souches à Harvard, Ya-Chieh Hsu. Ceci est une première étape vers un éventuel traitement capable de stopper ou renverser l’impact négatif du stress.”

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