
Il n’y a pas que le bilan de l’actuelle épidémie du coronavirus de Wuhan, ou 2019-nCoV, qui continue de s’alourdir : l’humour aussi. Le fait que le #JeNeSuisPasUnVirus se soit hissé dans les tendances françaises sur Twitter n’est pas anodin. Plusieurs internautes dénoncent par le biais de ce hashtag les gestes et déclarations discriminantes qu’ils subissent en réaction à la propagation du fameux virus venant de Chine. Hier, la réalisatrice du documentaire “Ouvrir la voix”, Amandine Gay, partageait le témoignage d’une amie d’origine asiatique à ce sujet :
Je partage le texte et le hashtag créé par une camarade adoptée qui ne souhaite pas que son nom soit mentionné afin d’éviter le harcèlement et le racisme anti-Asiatiques qu’elle dénonce.
Merci de relayer sa parole.
—-#JeNeSuisPasUnVirus #coronavirus#RacismeAntiAsiatique pic.twitter.com/z2KMx3WZUf— Amandine Gay (@OrpheoNegra) January 27, 2020
“Le pire des virus, c’est le racisme systémique !”, dénonce ledit témoignage à l’origine du hashtag. Ce dernier pointe aussi les amalgames faits entre “Chinois” et “Asiatiques” mais surtout les effets néfastes de la paranoïa de certains vis-à-vis de personnes d’origine asiatique. Grace Ly, autrice et podcasteuse franco-chinoise interrogée par le Huffington Post, regrette le “China-bashing” qui a cours en ce moment : tous ces messages qui nourrissent “un imaginaire” raciste et cette idée qu’en Chine “ce sont des barbares, qu’ils ne savent pas gérer leurs crises sanitaires”. Les choix éditoriaux de certains médias ont d’ailleurs suscité de vives polémiques. C’est notamment le cas du quotidien Le Courrier Picard, très critiqué après avoir titré l’un de ses numéros “Alerte Jaune” et un de ses éditoriaux “Le Péril jaune ?”. Interrogé par BFMTV Sacha Lin-Jung, responsable de l’Association des Chinois résidant en France, note que“cette crise du coronavirus a vu une libération de paroles racistes. Tout ça s’ajoute à un terreau de racisme qui existe déjà.” Avant d’énoncer l’évidence (apparemment, oubliée par certains) : “il faut rappeler qu’un virus n’a rien à voir avec l’origine ethnique des gens.”