Le chantage à la webcam s’est multiplié en France en 2019

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Par Felix Gouty le

De toutes les pratiques de cybermalveillance recensées en 2019, la plus fréquente est celle du “crypto-porno” ou chantage à la webcam. 38% des plaintes déposées sur la plate-forme Cybermalveillance.gouv.fr concerne cette pratique d’extorsion en ligne.

Une webcam sur un ordinateur.
Crédits : Aksa2011 / Pixabay.

La plateforme gouvernementale d’assistance aux victimes de cybermalveillance a dévoilé son rapport annuel lors du Forum international de la cybersécurité à Lille. Plus de 90 000 victimes auraient demandé assistance en 2019, contre environ 28 000 l’année précédente (soit une augmentation de 210%). Parmi les particuliers qui ont déclaré un acte de cybermalveillance à leur encontre, 38% d’entre eux auraient subi un chantage à la webcam. Aussi appelé “crypto-porno”, cette pratique consiste à menacer une personne de diffuser des vidéos d’elle prises en ayant piraté la caméra de son ordinateur, par exemple, lorsqu’elle consultait un site pornographique. Le plus souvent, les cyber-harceleurs tentent de légitimer leur menace en citant un ancien mot de passe appartenant à la personne, découvert d’une façon ou d’une autre sur Internet. En échange de la non-diffusion des images, les malfaiteurs exigent le versement de plusieurs centaines d’euros. “En réalité, les attaquants ne sont en possession d’aucune image, a expliqué Jérôme Notin, directeur du dispositif Cybermalveillance.gouv.fr, à BFM TV. Le phénomène se distingue sur ce point, et par l’ampleur des campagnes constatées, à la sextorsion, qui implique des échanges directs entre le hacker et sa victime.”

En fin d’année 2019, deux de ces cyber-criminels auraient été mis en examen pour “extorsion en bande organisée”. Ils auraient envoyé plus de 200 millions de mails de chantage. Si vous êtes un jour victime d’un tel chantage, la plateforme préconise de se tourner vers elle le plus rapidement possible sans prendre en compte les mails reçus quoi qu’ils puissent contenir. Pour cela, il suffit de remplir un formulaire de “plainte d’escroquerie crypto-porno” en ligne. En dehors du chantage à la webcam, le rapport de la plateforme a aussi recensé un grand nombre de plaintes pour des cas d’hameçonnage (demande d’informations personnelles en vue d’une usurpation d’identité) et des piratages de compte en ligne.

Source: BFMTV