Un méga-fichier européen pour les données biométriques

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Par Olivier le

D’ici 2023, il sera possible de rechercher en un clic l’identité d’un individu à partir d’un portrait ou d’une empreinte digitale au sein d’une énorme base de données européenne. Un chantier au long cours qui concerne plus de 400 millions de ressortissants de pays tiers.

Crédit : eu-LISA
Crédit : eu-LISA

Ce système partagé de correspondances biométriques (sBMS) va être développé par un consortium français : l’Agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (eu-LISA) a en effet confié le contrat-cadre à IDEMIA et Sopra Steria. Le groupe devra livrer ce système d’ici 2022, qui aboutira l’année suivante à un portail de recherche.

Protéger les frontières extérieures de l’espace Schengen

Le sBMS sera l’un des plus grands systèmes biométriques au monde avec sa base de données qui stockera les portraits et les empreintes digitales de plus de 400 millions de ressortissants. Ce projet répond aux besoins d’identification du nouveau système européen d’entrée/sortie (EES), « élément central de la protection des frontières européennes », explique le consortium dans le communiqué.

L’espace Schengen, qui regroupe 26 pays européens où les individus peuvent se déplacer librement, est nécessaire à la libre circulation des personnes. Cela ne signifie pas, aux yeux de l’eu-LISA, d’ouvrir aussi les frontières extérieures. Le système sBMS exploite des technologies biométriques qui permettront de « lutter contre l’immigration clandestine et la criminalité transfrontalière ». Il a vocation à intégrer toutes les bases de données biométriques existantes et futures de l’Union européenne.

Le sBMS aura aussi pour vocation à contribuer aux différents systèmes européens déjà en service, comme le le système d’information Schengen (SIS), le système d’information des visas (VIS), ou encore Eurodac (base de données européenne des empreintes digitales des demandeurs d’asile).

IDEMIA se présente comme le leader mondial de « l’identité augmentée » visant à sécuriser l’identité des individus. Sopra Steria est un des leaders européens du conseil, des services numériques et de l’édition de logiciels. Le contrat de quatre ans, qui pourra se prolonger deux ans de plus, est facturé 302 millions d’euros.