Netflix : les ayants droit d’Arthur Conan Doyle attaquent le film « Enola Holmes »

Cinéma

Par Felix Gouty le

Aussitôt le nouveau film « Enola Holmes » vient-il d’être annoncé par Netflix qu’il est attaqué par le Conan Doyle Estate, les ayants droit de l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle. Selon eux, la version du personnage de Sherlock Holmes qui y figure correspond à celle présente dans les récits qui ne tombent pas encore dans le domaine public et donc sont protégés par les droits d’auteur.

Crédits : Netflix.

Dépeindre un personnage correctement va-t-il bientôt être puni ? Les ayants droit de l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle, le Conan Doyle Estate, viennent d’attaquer en justice le prochain film de Netflix, Enola Holmes. La création la plus célèbre de l’auteur britannique, le personnage du détective Sherlock Holmes (et ce qui lui est attaché), est aujourd’hui dans le domaine public. D’autres auteurs peuvent donc le réinventer et adapter ses aventures à loisir … sauf si ces reprises possèdent une once de ressemblance avec une infime portion des récits de Sherlock Holmes encore protégés par les droits d’auteur aux États-Unis. Et d’après le Conan Doyle Estate, c’est effectivement le cas avec Enola Holmes. Dans ce dernier, Sherlock Holmes (joué par Henry Cavill) et son grand-frère Mycroft (Sam Claflin) aident leur sœur cadette Enola (Millie Bobby brown) à mener sa première enquête policière. Les premières images de ce film jusque là inconnu ont été révélées ce jeudi 24 juin (ci-dessous).

Pour commencer, Enola Holmes n’est pas une invention d’Arthur Conan Doyle mais de l’écrivaine américaine Nancy Springer. Cette dernière a déjà eu affaire au Conan Doyle Estate et en est ressortie gagnante. Plusieurs jugements ont été effectués en faveur de son œuvre à la fin des années 2000, car reprenant majoritairement des éléments des intrigues de Sherlock Holmes aujourd’hui dans le domaine public. Cependant, malgré le fait que le film de Netflix est une adaptation directe des récits écrits (et soutenus par la justice) de Nancy Springer, le Conan Doyle Estate estime qu’il emprunte trop aux quelques romans publiés entre 1923 et 1927, encore protégés jusqu’en 2023. En effet, dans Enola Holmes, le personnage de Sherlock ferait preuve d’empathie envers les membres de sa famille et surtout de respect envers sa sœur, une femme. Selon les ayants droit, ces caractéristiques très précises relèvent du Sherlock Holmes de la période 1923-1927 et non de celui d’avant, dans le domaine public.

Pas si « élémentaire » que cela en a l’air

Pour justifier cet argument ultra-pointilleux, le Conan Doyle Estate explique que la première guerre mondiale, durant laquelle le célèbre auteur met ses travaux en pause, a radicalement changé Arthur Conan Doyle et son personnage. Dans leur plainte, les ayants droit soulignent que l’auteur y a perdu son fils Arthur Alleyne Kingsley et son frère Innes Doyle. De ce fait, ils clament que l’auteur a ensuite pris la « décision artistique surprenante de donner un cœur à Sherlock Holmes » et de lui faire exprimer un « profond respect pour les femmes. » Les plaintifs illustrent même leur argumentation en reprenant des extraits des récits d’avant-guerre où le détective est explicitement exécrable avec son ami et assistant, Watson. En somme, le Conan Doyle Estate accuse Netflix, Nancy Springer, son éditeur Penguin Random House et la société de production du film, Legendary, de reprendre précisément le Sherlock Holmes d’après-guerre sans leur autorisation et demande une compensation financière au tribunal du Nouveau-Mexique, aux États-Unis. A noter que le Conan Doyle Estate avait tenté de faire de même sans succès contre Miramax pour son film Mr. Holmes, avec Ian McKellen incarnant le détective une fois à la retraite, en 2015. La saga des Sherlock Holmes de Guy Ritchie n’avait néanmoins pas été touchée. Un troisième opus est d’ailleurs en pré-production et devrait sortir en décembre 2021.

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