Hong Kong : l’Union européenne limite les exports vers la Chine

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Par Felix Gouty le

Face à la nouvelle loi de sécurité nationale promulguée par la Chine afin d’accentuer la répression des manifestations à Hong Kong, l’Union européenne réagit. Elle a décidé de limiter les exportations de matériels technologiques potentiellement utilisables par les forces de l’ordre chinoises.

Crédits : Parker Coffman via Unsplash

Après les États-Unis, c’est au tour de l’Union européenne de sanctionner la Chine en réaction à sa politique de répression à Hong Kong. Selon Le Figaro, le gouvernement européen a effectivement annoncé limiter l’exportation de ses technologies en Chine. Il y a environ deux semaines, le gouvernement de Donald Trump a promulgué une loi, le Hong Kong Autonomy Act. Comme l’explique la BBC, elle vise à imposer des sanctions financières auprès des banques américaines négociant avec le gouvernement chinois. Quelques semaines auparavant, il avait aussi interdit l’exportation d’équipements militaires et de matériels technologiques à Hong Kong, par crainte qu’ils soient réutilisés par la Chine envers les citoyens hong-kongais.

Vers la fin de l’indépendance de Hong Kong ?

En effet, depuis le 1er juillet, le gouvernement de Pékin a passé une nouvelle loi de sécurité nationale afin d’accentuer la répression du mouvement prodémocratie qui secoue Hong Kong depuis plus d’un an. Cette nouvelle législation a pour but de combattre quatre crimes : la subversion, le séparatisme, le terrorisme et la collusion avec des forces extérieures. L’idée, selon un article du journal Le Monde, est de renverser les libertés dont l’ancienne colonie britannique est censée profiter depuis sa rétrocession à la Chine en 1997 jusqu’en 2047 : à savoir, liberté d’expression, liberté de la presse et indépendance de la justice. La nouvelle loi sécuritaire de la Chine renverse aujourd’hui les promesses du principe “un pays, deux systèmes” dont doit bénéficier Hong Kong pour encore 27 ans. Grâce à elle, les autorités chinoises peuvent désormais effectuer des perquisitions sans mandat, supprimer des données Internet ou encore exiger la divulgation de données personnelles d’individus et sociétés qui violeraient potentiellement la loi.

Limiter les dégâts

Pour éviter de soutenir les nouveaux pouvoirs des forces de l’ordre chinoises, l’Union européenne a donc préférer limiter les exportations d’équipements technologiques utilisables pour la surveillance et la répression. “L’objectif des différentes mesures est d’exprimer un soutien politique pour l’autonomie de Hong Kong en vertu du principe ‘un pays, deux systèmes’, et la solidarité pour les habitants de Hong Kong”, peut-on lire dans le texte adopté par les États membres européens d’après Le Figaro. Par ailleurs, ces derniers ont pris des mesures pour faciliter l’obtention de visas, de bourses et d’échanges d’universitaires pour les Hong-Kongais qui souhaiteraient se rendre sur le territoire européen en cette période de trouble. Cette décision s’inscrit seulement quelques jours après la suspension des droits d’extradition de la Chine vers le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni, tous critiques de la politique chinoise envers Hong Kong.