Nvidia rachète ARM : concrètement, ça va changer quoi ?

Business

Par Amandine Jonniaux le

Après l’annonce du rachat de la société ARM, spécialisé dans les microprocesseurs et l’intelligence artificielle, par le géant américain Nvidia, on fait le point sur ce qui risque de changer pour les deux entreprises et pour les utilisateurs.

Crédits Nvidia

L’information a été officiellement confirmée ce matin : Nvidia vient de s’offrir ARM pour la jolie somme de 40 milliards de dollars. Une acquisition “importante pour Nvidia, pour ARM et pour le monde de la Tech” s’est félicité le spécialiste des GPU, qui espère pouvoir tirer parti des technologies développées par ARM depuis son lancement dans les années 1990. Si ce rachat au géant japonais SoftBank signe l’un des plus gros contrats de l’année sur le marché des semi-conducteurs, il a également suscité de nombreuses interrogations quant à l’avenir de la filiale. Des questions auxquelles Jensen Huang et Simon Segars, PDGs  respectifs de Nvidia et ARM, ont tenu à répondre lors d’une conférence de presse qui se tenait ce matin. L’occasion de faire le point sur les changements à venir pour les deux entreprises.

ARM va-t-il devenir américain ?

Avec le rachat de l’entreprise britannique par l’américain Nvidia, est-ce qu’une délocalisation du siège d’Arm dans les années à venir est possible ? Des rumeurs auxquelles Jensen Huang, le patron de Nvidia, a fermement répondu : “Historiquement, les technologies ARMont été développées au Royaume-Uni et elles y resteront. Rien dans cette transaction n’a pour vocation de changer cela. Nous voulons faire de ARM et du Royaume-Uni des leaders sur le marché de l’intelligence artificielle”, a promis le patron de Nvidia, avant d’ajouter qu’il était actuellement en négociations avec le gouvernement britannique pour construire un laboratoire de recherche international dédié à l’intelligence artificielle et à son développement au sein de la prestigieuse université de Cambridge.

Quid de la neutralité commerciale ?

En rachetant ARM, Nvidia s’incruste sans ménagement sur le marché des semi-conducteurs mobiles. La marque britannique fournit en effet de nombreuses marques – Samsung, Apple ou Qualcomm pour ne citer qu’eux – et pourrait fortement changer la donne sur le marché. Afin de rassurer les actuels clients de ARM, ainsi que ceux à venir, Nvidia a confirmé qu’il ne comptait pas changer le business model déjà éprouvé de sa nouvelle filiale, qui pourrait continuer de vendre ses licences ouvertes avec neutralité. Le PDG d’ARM, Simon Segars, a d’ailleurs expliqué qu’il était toujours en lien avec de nombreux clients d’ARM (autres que Nvidia) : “Ils savent combien il est important de maintenir cette indépendance. Ils le savent, je le sais, et ils savent que je le sais”. Une décision d’autant plus sage qu’en cas de monopole concurrentiel avéré, les organismes de régulation britanniques, chinois, américains et européens pourraient bien s’opposer à la vente, qui ne sera réellement effective que d’ici 18 mois.

Le nouveau leader de l’IA

Alors que SoftBank n’avait pas réellement investi dans le potentiel d’ARM, la fusion de l’entreprise britannique avec Nvida devrait constituer une alliance pour le moins intéressante en termes d’innovation. Malgré un business model préservé des deux côtés, ce rachat permettra ainsi à ARM de bénéficier de l’ensemble des technologies déjà développées par Nvidia, et vice-versa. L’objectif pour la société américaine étant de devenir le leader incontesté de l’intelligence artificielle, en combinant son savoir-faire aux puces mobiles d’ARM. Une fusion qui pourrait peser lourd dans le développement des voitures autonomes, de l’IoT mais aussi de la 5G. “Nous allons combiner les capacités de nos deux sociétés pour créer quelque chose d’encore mieux destiné à nos clients et à nos utilisateurs”, promet déjà Jensen Huang. On ne demande qu’à voir.

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Source: Nvidia