Le Covid-19 pourrait impacter les capacités cognitives des malades

Science

Par Felix Gouty le

Lors du recensement des capacités cognitives moyennes des citoyens britanniques, des chercheurs se sont aperçus que les anciens malades du COVID-19 présentaient un « déficit cognitif significatif. »

Dépourvu d'un autre hémisphère, le cerveau fonctionnerait mieux.
Crédits : Robina Weermeijer / Unsplash.

Une infection au COVID-19 peut être responsable d’une perte de goût (agueusie), d’une perte d’odorat (anosmie), dans de rares cas d’une perte d’ouïe (surdité) mais pourrait aussi provoquer la perte de capacités cognitives. Selon une nouvelle étude, encore en pré-publication et donc en attente de validation par des chercheurs tiers, d’anciens malades du COVID-19 auraient montré un déficit cognitif « significatif » à l’occasion de tests réservés, généralement, à des personnes atteintes d’Alzheimer. Adam Hampshire et ses collègues de l’Imperial College de Londres s’étaient initialement lancés dans l’établissement du niveau cognitif moyen de leurs concitoyens à l’occasion de ce qu’ils ont appelé le « grand test de l’intelligence britannique. » En mai dernier, la pandémie de COVID-19 les a forcé à revoir leur angle d’attaque et les a poussé à étudier l’impact de la pneumonie virale sur la cognition des malades. Et leurs résultats, bien qu’à prendre avec des pincettes, ne sont pas très encourageants.

Sur les 84 285 volontaires interrogés et testés, plus de 13 000 ont avoué avoir été diagnostiqués positifs au COVID-19 (dont seulement 361 par un dépistage biologique en laboratoire), voire même avoir été hospitalisés et placés sous assistance respiratoire avant d’en guérir. Selon leurs tests, tous ont montré un certain niveau de déficit cognitif, y compris les malades asymptomatiques dépistés positifs. Parmi eux, les personnes passées par une hospitalisation souffriraient d’un « déficit moyen-large » évalué à -0,57 de « déviation standard », même après plusieurs mois. Dans leur étude, les chercheurs précisent que ce chiffre équivaut à une différence de 8,5 points de QI avec une personne non-atteinte par la maladie. « Dans les pires des cas, pour des personnes entre 20 et 70 ans, l’impact cognitif de la maladie pouvait être équivalent à un déclin cognitif généralement subi sur 10 ans » soulignent les chercheurs britanniques. D’après eux, cet impact pourrait être dû à un cruel manque d’oxygénation du cerveau provoqué par la maladie dans les cas les plus graves. L’agence d’informations Reuters indique cependant que l’étude ne s’appuie sur aucune évaluation cognitive précédant la maladie des participants examinés. L’établissement d’un éventuel déficit cognitif n’est montré qu’en comparaison des autres personnes, non-malades, interrogées. Par ailleurs, l’éventuel impact cognitif du COVID-19 ne pourrait exister que sur le court-terme, en particulier chez les cerveaux les plus jeunes et donc encore dotés d’une certaine plasticité.

Source: Reuters