Les applis de rencontre utilisent les images du Capitole pour bannir les émeutiers

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Par Julie Hay le

Tinder et Bumble s’allient aux forces de l’ordre pour identifier les émeutiers. Les deux firmes annoncent aussi qu’elles bannissent les utilisateurs qui ont pris part aux événements du 6 janvier.

Photo by Julien Gaud on Unsplash

Voilà des applications que l’on n’imaginait pas prendre part à la vaste campagne de bannissement qui fait suite aux émeutes du Capitole. Tinder, Bumble et autres applications de rencontres utilisent les images capturées à l’intérieur du siège du Capitole, et d’autres preuves pour identifier et interdire les comptes de tous ceux qui ont participé aux événements du 6 janvier. Sur ces mêmes applications, cette chasse à l’homme va plus loin selon le Washington Post. Le média américain explique en effet que de nombreux utilisateurs et utilisatrices utilisent l’application pour traquer les émeutiers. Ils rassemblent des photos et des aveux pour ensuite les transmettre au FBI. Certains d’entre eux partagent même leurs conseils sur Twitter. Des femmes ont changé leur localisation pour Washington, dans l’espoir de piéger des potentiels suspects. Amanda Spataro, interrogée par le Washington Post, est l’une d’entre elles. La jeune femme de 25 ans explique cela par la volonté d’exercer « son devoir civique ». Elle a par exemple matché avec un homme avec une image qui semblait provenir des manifestations du 6 janvier. À la question, « Quel est ton premier rendez-vous parfait ? » Ce dernier aurait simplement répondu « partir à l’assaut du Capitole ». Il lui a alors partagé des images du 6 janvier, qu’elle a ensuite remis aux autorités.

Une politique controversée

Mais cette initiative ne plaît pas à tout le monde. Elle interroge une nouvelle fois sur la surveillance publique et les liens entre les entreprises privées et les forces de l’ordre. De leurs côtés, Bumble et Match Group (Tinder, Kinge, OkCupid et PlentyofFish) ont annoncé continuer de travailler pour retirer les utilisateurs connus pour avoir participé dans le siège du Capitole. « Nous encourageons toujours notre communauté à bloquer et signaler tout personnage qui agit contre nos directives, et nous avons déjà banni les utilisateurs qui ont utilisé notre plateforme pour diffuser sur des contenus insurrectionnels ou qui ont tenté d’organiser et d’inciter au terrorisme » déclare Bumble dans un communiqué. De son côté de Match Group, « continuera d’interdire tous les utilisateurs recherchés par le FBI en lien avec le terrorisme national de toutes nos marques. » La firme précise qu’elle coopérera avec les forces de l’ordre dans le cadre de leur enquête. Depuis le 6 janvier, le FBI a déployé une ligne de conseil anonyme et annonce avoir déjà reçu plus de 100 000 de signalisations numériques.