Intelligence artificielle : l’Europe veut interdire la “surveillance indiscriminée”

La Commission européenne veut interdire l’usage de l’intelligence artificielle pour surveiller sa population de manière “indiscriminée”... sauf si l’initiative émane d’un gouvernement.

Crédits : Parker Coffman via Unsplash

Le développement de l’intelligence artificielle a beau apporter son lot de promesses, la technologie pose aussi quelques questionnements éthiques. Il y a quelques jours, la Commission européenne s’est réunie dans le cadre du projet de réglementation visant à définir une “approche européenne de l’intelligence artificielle”. Ainsi l’exécutif européen propose tout simplement d’interdire les technologies d’IA destinée à “une surveillance indiscriminée appliquée de manière généralisée à toutes les personnes physiques sans différenciation”. Dans un texte préliminaire qui devrait être présenté la semaine prochaine, l’Europe précise qu’il est principalement question de rendre illégales les technologies visant à “la surveillance et le suivi des personnes physiques dans des environnements numériques ou physiques, ainsi que l’agrégation et l’analyse automatisées des données personnelles provenant de diverses sources”.

Outre cette mesure forte, la Commission européenne prévoit également l’interdiction des technologies d’intelligence artificielle susceptibles d’aller à l’encontre des droits de l’Homme, et notamment les IA prédictives, capables de cibler des minorités. Si le texte est adopté par l’Europe, la violation de ces interdictions pourrait coûter gros aux entreprises, à raison de 4% de leur chiffre d’affaires annuel mondial.

Les gouvernements exempts de réglementation

Selon les informations du média bruxellois Politico, cette interdiction aurait toutefois ses limites, puisqu’elle ne s’appliquerait pas aux gouvernements et aux autorités publiques européennes. Seule obligation : utiliser l’intelligence artificielle “afin de préserver la sécurité publique”. Une notion pour le moins floue, qui nécessitera sans doute d’être précisée par la suite. On rappelle qu’il y a quelques mois, le gouvernement chinois avait été accusé d’utiliser, grâce au géant Huawei, une intelligence artificielle de reconnaissance faciale destinée à traquer la population ouïghoure en les signalant à la police grâce à un système de reconnaissance automatique.

Source: Politico