Abus de position dominante : Google condamné à une amende de 102 millions d’euros en Italie

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Par Olivier le

Les régulateurs sont de plus en plus sensibles aux questions de saine concurrence sur les boutiques d'applications mobiles. Pour avoir refusé une application sur Android Auto, Google a été condamné en Italie à une amende de 102 millions d'euros.

© Gerd Altmann, Pixabay

Google n’a pas autorisé l’application JuicePass à fonctionner sur Android Auto, la version du système d’exploitation pour les écrans dans les voitures. JuicePass, une app destinée aux véhicules électriques, permet aux conducteurs de repérer les stations de recharge les plus proches. Elle est développée par Enel X, une entreprise créée par le groupe d’électricité Enel.

Polémique autour d’une app Android Auto

Devant le refus de Google d’accepter JuicePass sur Android Auto, Enel X a demandé à l’autorité de la concurrence italienne de faire parler le droit. Et le régulateur a donné raison à l’entreprise : il inflige une amende de 102 millions d’euros à Google pour abus de position dominante. Cette position permet au moteur de recherche de « contrôler les liens entre les développeurs d’applications et les utilisateurs finaux ».

Près de trois utilisateurs italiens sur quatre se servent d’un smartphone Android, ajoute l’autorité. La position dominante étant établie, l’abus limite « de manière déloyale » la capacité d’Enel X à recruter des utilisateurs au profit de Google Maps. L’app de Google intègre également des informations de localisation sur les stations de recharge.

Le régulateur de la concurrence déplore les possibles retombées négatives sur la croissance des voitures électriques en Italie. Google devra non seulement payer l’amende, mais aussi faire en sorte que JuicePass soit disponible sur Android Auto. Le groupe américain a fait part de son « désaccord respectueux » avec cet avis, en soulignant qu’une application Android Auto devait respecter des règles strictes concernant la sécurité.

Les grandes plateformes de distribution d’applications, le Play Store (Google) et l’App Store (Apple) sont actuellement sous la loupe de plusieurs régulateurs pour des pratiques que plusieurs développeurs estiment contraires à la concurrence. La Commission européenne a d’ailleurs lancé une enquête en juin dernier visant Apple.

Source: Reuters