Facebook pourrait être jugé responsable de la prostitution sur sa plateforme

apps

Par Amandine Jonniaux le

Le réseau social fait actuellement l’objet de plusieurs plaintes provenant de femmes exploitées par des proxénètes, qui les avaient contactées via Messenger.

© Journal du Geek

Après les fake news, Facebook pourrait bientôt être jugé responsable de la prostitution sur sa plateforme. Au Texas, la Cour suprême a en effet estimé vendredi dernier que l’entreprise de Mark Zuckerberg pouvait être tenue responsable de l’utilisation de ses services de messagerie par des proxénètes. À l’origine de cette affaire, trois plaintes au civil déposées par des femmes présumées victimes de trafic sexuel. Les plaignantes auraient, en effet, été contactées via Messenger alors qu’elles n’étaient qu’adolescentes, et “recrutées” comme prostituées, rapporte le Houston Chronicle. Aujourd’hui, elles accusent le géant du web de négligence.

Pour les victimes, Facebook aurait non seulement passé outre des comportements pédocriminels (elles étaient âgées de 15 ans au moment des faits), mais plus grave encore, aurait tiré parti de la situation. De son côté, la justice texane estime aussi qu’en laissant les proxénètes évoluer sur sa plateforme, l’entreprise américaine leur aurait offert davantage de crédibilité pour enrôler leurs jeunes victimes.

Les faits, survenus entre 2012 et 2017, posent encore une fois la question de la responsabilité des réseaux sociaux sur les contenus qui transitent sur leurs pages. Une problématique déjà plusieurs fois évoquée via les fake news relayées en masse par les complotistes et autres truthers, mais qui touche aujourd’hui un sujet particulièrement sensible : celui du trafic d’être humains, et d’enfants. Dans cette affaire, la Cour suprême a cependant tenu à bien différencier la responsabilité des géants d’Internet – et leur inaction face à des comportements illégaux et dangereux, des méfaits directement commis par les utilisateurs de la plateforme, qui relèvent cette fois de la responsabilité individuelle.