Mars : la Chine veut installer sa base habitée dès 2033

Espace

Par Antoine Gautherie le

Les chinois n'en finissent plus d'enchaîner les coups d'éclat dans le domaine spatial. Et cela semble parti pour durer : ils ont désormais les yeux rivés sur Mars, où ils prévoient d'installer une base dès 2033.

© CNSA

Il y a quelques jours se tenait une conférence de l’agence spatiale chinoise, qui a communiqué sur l’avancement de ses différents projets. Ils ont ainsi parlé d’exploration lunaire, de collecte d’échantillons d’astéroïdes et de l’avancement de la construction de leur station spatiale, Tianhe.

Mais surtout, d’après Reuters, les officiels Chinois ont fait part de leurs plans à moyen terme : ils souhaitent installer une véritable colonie permanente sur Mars dès 2033. Un timing qui, s’il était respecté, en ferait la troisième institution à y parvenir. En effet, SpaceX a prévu sa première mission habitée en 2026. La NASA, elle, table sur l’horizon 2030.

Une longue série de missions à partir de 2033

Cette mission de 2033 serait la première “livraison” d’un vaste convoi, réparti sur plusieurs lancements successifs, séparés de plusieurs années, avec l’objectif d’acheminer tout le nécessaire pour poser les bases d’une colonie. Cela comprend bien évidemment des bâtiments, mais aussi tout l’aspect ressource.

L’agence spatiale chinoise ira d’ailleurs prospecter en amont, en envoyant des robots capables de construire des systèmes d’extraction des ressources. Les taïkonautes devraient donc prendre leurs quartiers dans une base qui sera déjà en grande partie fonctionnelle, avec eau, oxygène et électricité. Mais la Chine a beau progresser à pas de géants dans le domaine de l’espace, il reste encore de nombreux défis techniques à surmonter.

Un challenge technique considérable

À commencer par la sempiternelle question du voyage. À l’heure actuelle, nos technologies de propulsion nous permettraient de réaliser le trajet en six à huit mois, une durée encore trop importante pour être viable, pour des raisons humaines et logistiques. D’après SciencePost, les ingénieurs chinois planchent donc sur un nouveau mode de propulsion nucléaire – comme les américains. Mais dans les deux camps, la route reste longue.

Il faudra aussi s’atteler au choix de l’emplacement. Cette décision sera prise dans les années à venir, grâce à une sonde spécialement déployée à cet effet. Évidemment, le système d’extraction et de traitement des ressources devra lui aussi être fignolé. Pour des raisons évidentes, il s’agit d’un système qui doit pouvoir fonctionner de façon autonome, en circuit fermé, et avec une fiabilité à toute épreuve : il n’y a donc absolument pas droit à l’erreur. Rendez-vous dans une grosse dizaine d’années, pour savoir qui des Chinois ou de leurs concurrents iront habiter sur Mars les premiers !

Source: Reuters