Pour la première fois, la pluie est tombée au sommet des glaces du Groenland

Science

Par Antoine Gautherie le

Le Groenland est en proie à un épisode de fonte des glaces très intense, en partie dû à de fortes pluies dont les conséquences pourraient être sévères.

© NASA / Earth Observatory (https://earthobservatory.nasa.gov/images/148720/rain-and-warmth-trigger-more-melting-in-greenland) / Gif : Journal Du Geek

Le Groenland est sous pression en ce moment. Cela fait déjà plusieurs mois que la dynamique climatique inquiétante que l’on constate partout dans le monde s’accélère dans cette zone. Et c’est d’autant plus visible sur son inlandsis, l’énorme masse de glace qui compose 80% de son territoire. Récemment, selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) cité par Gizmodo, les chercheurs présents sur place ont eu une très mauvaise surprise; contre toute attente, la zone a été victime d’un violent épisode de pluie.

Ce n’est certainement pas la première fois qu’il pleut au Groenland, loin de là; la zone était même sujette à des pluies torrentielles depuis quelques jours. En revanche, ce phénomène tout à fait banal sous nos latitudes est en bien plus inquiétant au Summit Camp, le point le plus élevé de l’inlandsis et 4e plus haut sommet du Groenland. Il s’agit tout simplement du premier épisode de pluie depuis le début des relevés météorologiques dans la zone. Dans cette zone où les moyennes estivales sont inférieures à -10°C, c’est seulement la troisième fois en dix ans que les chercheurs enregistrent des températures positives, selon le NSIDC.

Selon cette même source, le 14 août dernier, la fonte des glaces a même atteint 850.000km². Un chiffre supérieur à la superficie de la France, mesurée à environ  643.801km²… et qui représente le troisième épisode de fonte le plus important jamais enregistré sur place.

Un point de bascule déjà bien documenté

Ces pluies sont inquiétantes pour plusieurs raisons. Évidemment, elles représentent une conséquence directe et très visible du réchauffement atmosphérique, mais elles s’accompagnent également de conséquences supplémentaires. Puisqu’il s’agit par définition de matériel plus chaud que la glace, ces pluies augmentent considérablement la vitesse de fonte de l’inlandsis, avec toutes les conséquences que cela implique. Nous savons par exemple que ce phénomène participe activement à la montée du niveau des océans.

Et comme toujours en climatologie, cette situation présente également un potentiel de point de bascule inquiétant. En effet, lorsque la glace est partiellement ou totalement fondue, elle réfléchit moins efficacement le rayonnement solaire. C’est un problème considérable, car en temps normal, cette couche de glace constitue un véritable bouclier, qui empêche la Terre d’absorber trop de radiations solaires. Plus elle fond, plus la Terre absorbe d’énergie, qu’elle relâche ensuite dans l’atmosphère sous forme de rayonnement infrarouge. La température de l’atmosphère augmente donc, ce qui favorise les chutes de pluie au détriment de la neige… et ainsi de suite.

Plus que jamais, il y a donc urgence à agir pour endiguer ces phénomènes, sous peine de voir les prédictions les plus pessimistes du Giec se réaliser.

Source: Gizmodo

1 Commentaire

  1. Guig

    23 août 2021 at 7:26

    Comme toujours, c’est marrant de croire que la terre n’a que 100 ans, et qu’elle n’a rien vécu avant nous, les êtres supérieurs…

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