Les voitures électriques ont le vent en poupe, ce qui n’est pas forcément le cas des véhicules hybrides rechargeables. Ces dernières font également couler beaucoup d’encre et leur consommation réelle est pointée du doigt. Dès septembre 2020, l’institut de recherche allemand Fraunhofer et l’International Council on Clean Transportation (ICTT) s’étaient penché sur la question en révélant que les consommations réelles étaient deux à quatre fois plus élevées.
Plus récemment, le canton suisse du Valais a pris la décision de supprimer les subventions aux véhicules hybrides rechargeables. Elle fait suite à la publication d’une étude suisse (PDF) expliquant que les véhicules hybrides sont une « arnaque ».
Des chiffres trop flatteurs font réagir Bruxelles
Des mots forts qui ne semblent pas avoir échappé à l’Union européenne. Suite aux critiques répétées selon lesquelles les tests ne reflètent pas les émissions réelles, Bruxelles souhaiterait revoir sa méthode. Concrètement, l’Europe envisagerait de renforcer les tests d’émissions de CO2 des véhicules hybrides en faisant évoluer le protocole WLTP. Ce dernier, appelé procédure d’essai mondiale harmonisée pour les véhicules légers en français, est actuellement jugé trop clément pour les véhicules hybrides rechargeables. Ces derniers bénéficieraient de cette brèche pour présenter des résultats flatteurs. Un peu trop selon certaines études et donc l’Union européenne.
Selon deux sources bien informées sur le sujet, le test révisé devrait être appliqué à partir de 2025. « Le facteur d’utilité sera modifié », a confié à l’agence Reuters Petr Dolejsi, directeur des transports durables de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). Ce dernier fait référence à l’estimation moyenne de la distance parcourue par un véhicule hybride en mode électrique uniquement. Il ajoute : « Nous commençons à collecter les données des véhicules… c’est un processus en cours ».
Un responsable de la Commission européenne a également confirmé à Reuters que des discussions étaient en cours concernant le WLTP. Sans entrer dans les détails, il assure qu’il y a une volonté de mieux prendre en compte les consommations réelles des véhicules hybrides.
Cette nouvelle méthode pourrait changer la donne pour de nombreux constructeurs automobiles. En effet, certains ont vendu presque autant de véhicules hybrides rechargeables que de véhicules entièrement électriques en Europe en 2021. Ainsi, ils devraient vendre plus de voitures électriques pour atteindre les objectifs d’émissions fixés par l’Europe et éviter des amendes importantes. Pour rappel, la réglementation CAFE limite le taux moyen de CO2 émis par les véhicules neufs à 95 g/km.
Vers un durcissement des règles à l’horizon 2025
L’heure n’est évidemment pas à la panique pour les constructeurs. Le nouveau protocole n’entrerait en vigueur qu’en 2025 et des discussions sont encore en cours. Une décision est néanmoins attendue cette année et risque de pousser les principaux acteurs du marché à miser sur les véhicules électriques. Alors que le secteur cherche à redorer son image depuis le « dieselgate » de 2015, Volkswagen, Mercedes-Benz, BMW ou encore Renault annoncent être en conformité avec les attentes de l’UE en matière d’émissions de CO2. Ils ont été aidés par des ventes record de véhicules électriques.