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L’Arcom peut-elle (vraiment) faire interdire C8 et CNews ?

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Une amende record vient d’être prononcée par l’Arcom, et elle pourrait mettre en péril l’avenir des chaînes C8 et CNews.

3,5 millions d’euros. L’amende infligée cette semaine par l’Arcom (ancien CSA) à la chaîne C8 est un record, la plus lourde jamais prononcée de son histoire. Dans un communiqué diffusé hier soir, le régulateur s’est prononcé dans l’affaire des insultes de Cyril Hanouna contre le député Louis Boyard.

Pour rappel, le 10 novembre dernier, le député LFI été invité sur le plateau de Touche pas à mon Poste pour évoquer la situation des migrants réfugiés en France. De fil en aiguille, l’élu s’en prend rapidement aux “personnes les plus riches qui appauvrissent la France“, et cite frontalement le propriétaire de la chaîne Vincent Bolloré. Le ton monte rapidement, jusqu’à se transformer en règlement de comptes. Cyril Hanouna apostrophe Louis Boyard en lui demandant s’il est “venu ici pour faire le malin“, puis les insultes fusent : “espèce d’abruti“, “ferme ta gueule”, “tocard”, “bouffon”, “t’es une merde”. 

Sans grande surprise, le gendarme de l’audiovisuel estime dans un communiqué “que ces propos ont porté atteinte aux droits de l’invité, au respect de son honneur et de sa réputation“. Cyril Hanouna est évidemment visé, mais la chaîne en prend également pour son grade : “Cette séquence traduit une méconnaissance par l’éditeur de son obligation de maîtrise de l’antenne“.

L’Arcom peut-il faire interdire C8 et CNews ?

Si elle est sans précédent, cette affaire pourrait bien mettre en péril l’avenir des chaînes du groupe Canal. Régulièrement pointées du doigt pour leur position dans le débat médiatique, C8 et CNews bénéficient en effet d’une attribution de fréquence gratuite, ce qui les engage légalement à respecter certaines obligations, comme le respect du pluralisme d’idées, et la nécessité de faire intervenir des idées opposées, notamment lorsque des débats pouvant porter à controverses sont évoqués.

Depuis plusieurs années, les interventions de l’Arcom se multiplient à l’encontre de C8 et CNews. En 2017 notamment, une première sanction record de 3 millions d’euros avait été prononcée contre Touche pas à mon Poste, assortie d’une interdiction de diffusion de publicités temporaire. Dans une interview accordée à France Inter ce jeudi 9 février, la ministre de la Culture Rima Abdul Malak n’exclut ainsi pas la possibilité d’un retrait des fréquences de ces deux chaînes d’ici 2025, si ces dernières continuent d’être “une menace pour la liberté d’expression“.

Une solution évoquée à demi-mots, mais qui ne passe pas du côté des principaux intéressés. Dans un communiqué publié quelques heures plus tard, le groupe Canal s’est dit “profondément choqué” que la Ministre laisse supposer “que les licences de (ses) chaînes ne mériteraient pas d’être renouvelées“.

Derrière le cas de C8 et CNews, c’est tout l’empire médiatique de Vincent Bolloré qui est visé. Pour rappel, le milliardaire français possède non seulement le groupe Canal, mais aussi Lagardère, qui possède les radios Europe 1 ou RFM par exemple. Côté presse papier, il détient aussi Prisma Média, avec Gala, Paris Match, Femme Actuelle ou encore Télé 2 semaines. Parmi ses autres acquisitions, on compte aussi Hachette, Fayard, Grasset ou encore Havas, spécialisé dans la publicité et la communication.

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