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L’Arcom vise 31 sites pornographiques de plus, bientôt la fin du porno en ligne ?

Le régulateur français élargit encore sa liste noire des sites pour adultes récalcitrants. Portée à 66 plateformes, son offensive s’appuie désormais sur un catalogue beaucoup plus large.

L’Arcom ne relâche pas la pression. Ce mercredi 29 juillet, le régulateur français de l’audiovisuel et du numérique a annoncé cibler 31 nouveaux sites pornographiques, jugés hors-la-loi vis-à-vis des règles de vérification de l’âge en vigueur depuis 2025. Il s’agit, selon ses propres termes, de l’action la plus vaste jamais menée en la matière depuis le début de son offensive contre les plateformes pour adultes.

Cette nouvelle salve porte à 66 le nombre total de sites concernés par la traque du gendarme du numérique. Depuis février 2025, 35 plateformes parmi les plus consultées par les mineurs en France avaient déjà mis en place un contrôle d’âge, quitté le marché français, ou été bloquées sur décision de l’Arcom. Le régulateur ne cible plus seulement les géants du secteur, comme Pornhub, YouPorn ou XVideos, mais s’attaque désormais à une constellation de sites plus discrets, ceux vers lesquels une partie des mineurs se replient une fois que les plateformes les plus connues ferment leurs portes.

Un chiffre qui change la donne

Jusqu’ici, la principale critique adressée à l’Arcom portait sur l’efficacité réelle de ses mesures. À quoi bon bloquer un site si un VPN gratuit permet de le contourner en quelques secondes ? Le régulateur avance désormais un argument chiffré. Selon les données d’audience de Médiamétrie, le temps passé par les mineurs sur des sites pornographiques a chuté de près d’un tiers depuis la mise en place des mesures de blocage.

Un tiers, c’est loin d’être anecdotique. Le chiffre ne permet pas de savoir si les mineurs ont réellement renoncé à consulter ce type de contenu, ou s’ils ont simplement basculé vers des canaux moins visibles pour les instituts de mesure. C’est d’ailleurs précisément ce risque que l’Arcom dit vouloir anticiper avec cette nouvelle vague de mises en demeure, en refermant méthodiquement les portes de sortie les unes après les autres.

Deux textes de loi pour un seul filet

Pour mener cette offensive, l’Arcom mobilise un arsenal juridique à deux étages. D’un côté, la loi française SREN, qui l’autorise à exiger le blocage d’un site directement sur le territoire national, avec l’appui des fournisseurs d’accès à Internet. De l’autre, le règlement européen sur les services numériques, le fameux DSA, qui lui permet d’agir également contre des plateformes hébergées ailleurs dans l’Union européenne, là où la seule loi française n’aurait aucune prise.

Cette double casquette est précisément ce qui distingue la France de nombreux autres pays européens sur ce dossier. Certains des sites concernés font d’ailleurs, en parallèle, l’objet d’une enquête de la Commission européenne au titre de très grandes plateformes en ligne, statut qui les soumet à des obligations renforcées de protection des mineurs à l’échelle de l’Union tout entière.

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