Le paysage français des radars routiers pourrait se complexifier encore, au grand dam des automobilistes ! Après les radars fixes, mobiles, de franchissement et autonomes, un nouveau venu pourrait bientôt faire son apparition sur les routes : le radar sonore. Déjà testé de façon expérimentale dans sept villes françaises entre janvier et octobre 2022, il est actuellement en phase d’homologation et pourrait être déployé à grande échelle d’ici la fin de l’année.
Un radar anti-bruit déjà expérimenté
Ce dispositif, baptisé « Hydre », est l’œuvre de Bruitparif, le centre d’évaluation technique de l’environnement sonore en Île-de-France. Contrairement à ses homologues traditionnels, ce radar ne se préoccupe pas de la vitesse des véhicules, mais de leur bruit. Grâce à une antenne munie de plusieurs capteurs, il est capable de mesurer le nombre de décibels émis par chaque passage de voiture.
Ce dispositif vise à lutter contre les nuisances sonores liées à la circulation, notamment celles causées par les pots d’échappement modifiés. Il pourrait ainsi servir à sanctionner les véhicules dépassant une certaine limite de décibels, probablement supérieure à 80 décibels, niveau généralement respecté par les véhicules homologués en France. Si une voiture est jugée trop bruyante par le radar, l’infraction relevée pourrait être sanctionnée d’une amende forfaitaire de 135 euros (90 euros si elle payée dans les 15 jours).
Le fonctionnement du radar « Hydre » est particulièrement sophistiqué. Il est équipé de deux systèmes acoustiques qui calculent le niveau sonore et l’angle de provenance du bruit, et d’une caméra grand-angle permettant de visualiser la scène en cas d’infraction potentielle. Deux caméras supplémentaires sont dédiées à la lecture automatisée des plaques d’immatriculation. Un dispositif intégré analyse les images et les informations sonores pour identifier le véhicule responsable de l’excès sonore. Enfin, l’unité centrale du radar traite et transmet de manière sécurisée les données collectées vers un centre habilité.
Lors des expérimentations menées entre janvier et octobre 2022, « Hydre » a donné des résultats encourageants. Selon Bruitparif, le radar a été capable de détecter, selon les sites, entre 10 et 44 véhicules par jour dépassant le seuil sonore de 83 dB(A). L’association a décidé de poursuivre le développement de son dispositif en 2023, et espère obtenir son homologation prochainement. Si c’est le cas, ces radars pourraient être réinstallés dans leurs lieux d’expérimentation pour procéder à la deuxième phase opérationnelle de l’expérimentation nationale, qui comportera cette fois-ci la constatation des infractions et… la verbalisation. Ces radars sont également en phase de test dans plusieurs métropoles européennes.