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Un ver préhistorique vient de reprendre vie, 40 000 ans après

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Un ver préhistorique vient d’être ramené à la vie après 40 000 ans de sieste cryogénique dans la glace sibérienne.

Les scientifiques viennent de ramener à la vie un ver préhistorique vieux de plus de 40 000 ans. Il avait été piégé dans le pergélisol sibérien (aussi appelé permafrost). Coincé à 40 mètres de profondeur, le ver a gelé en même temps que le sol, lors de la dernière période glaciaire. Une fois coincé dans la glace, ce ver aurait atteint un état de « cryptobiose ».

Selon Teymuras Kurzchalia, professeur émérite à l’Institut Max Planck de biologie cellulaire moléculaire et de génétique de Dresde, co-auteur de l’étude à son sujet, le ver aurait été ramené à la vie très simplement, en l’hydratant quelques instants avec de l’eau. Il aurait ainsi retrouvé la vie comme si de rien n’était.

En tout la chercheuse, Anastasia Shatilovich a réussi à ramener deux vers différents à la vie avant d’en emporter plus d’une centaine dans un laboratoire de Berlin pour des études supplémentaires. Faisant partie d’une espèce complètement inconnue, le ver a été nommé « Panagrolaimus kolymaenis » par les scientifiques.

Pour l’heure il est difficile de connaître l’utilité de ce ver dans le monde animal à l’ère des mammouths et des tigres à dents de sabre. Selon les scientifiques, le ver pourrait être capable de manger divers microbes, sans pour autant être dangereux pour l’Homme.

Un danger sanitaire immense ?

À cause du réchauffement climatique de plus en plus violent, le permafrost sibérien est plus fragile que jamais. Des vers préhistoriques comme ce petit échantillon sont capturés par centaines de millions dans la glace sibérienne. Si cette dernière venait à fondre, ils pourraient (re) prendre vie et se balader librement dans l’air chaud de notre planète.

Il est impossible de savoir à l’avance quelles seraient les conséquences pour l’Homme, mais l’arrivée dans la nature d’un virus vieux de 40 000 ans ressemble beaucoup aux scénarios hollywoodiens de fin du monde. Une menace bien réelle, que de nombreux scientifiques essayent de médiatiser.

En France le professeur Jean-Michel Claverie (de l’Université d’Aix-Marseille) a réussi à cataloguer cinq catégories de virus « zombie » différents. Ils sont pour l’heure toujours coincés dans les glaces sibériennes, mais ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’il ne se balade dans la nature, amenant avec eux des maladies vieilles de 50 000 ans.

Le permafrost, un enjeu climatique crucial

Pour Adam Kirkwood, spécialiste du permafrost, la fonte de ce dernier pourrait être « l’ultime clou sur le cercueil de l’humanité ». Car en plus des potentiels virus préhistoriques et autres bactéries mortelles enfermés dans la glace, le permafrost regorge d’hydrate de méthane. Ce gaz à effet de serre est 80 fois plus dangereux pour la planète que le dioxyde de carbone.

Dans son dernier rapport, le GIEC qualifie la fonte du permafrost d’inquiétante. Le point de rupture serait d’ailleurs « imminent » selon les scientifiques mandatés par l’ONU. Selon les estimations du Centre national pour la recherche atmosphérique américain (NCAR), 50 % du permafrost mondial aura fondu en 2050. Ce chiffre pourrait atteindre les 90 % d’ici la fin du siècle.

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